Incendies en Europe : des dizaines de milliers d'évacués en France et dans la région de Madrid
Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées vendredi en France et en Espagne avec des habitants chargés de bagages et des touristes fuyant par bateau l'avancée des flammes sur la très touristique presqu'île française du Cap-Ferret et des incendies aux portes de Madrid.
En France, quelque 67.000 personnes ont été évacuées sur les deux zones menacées par les flammes, au Cap-Ferret en Gironde et dans le département des Landes (sud-ouest).
En Gironde, les flammes ont déjà parcouru plus de 12.500 hectares", soit plus que la superficie de Paris, ont indiqué les autorités à propos du "plus gros feu de la saison".
En Espagne, au moins 19.000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du "pire incendie de l'histoire" de la région, qui a déjà ravagé 6.000 hectares, selon la présidente régionale Isabel Díaz Ayuso.
"Pour une région comme celle-ci, avec une forte concentration de logements et de population, c'est une catastrophe", a-t-elle insisté. Et deux des trois incendies ayant déjà ravagé 6.000 hectares à l'ouest de Madrid "ont fusionné", selon les autorités.
Dans les deux pays voisins, ces incendies sont la conséquence de forêts et végétations rendues plus inflammables par la sécheresse et les vagues de chaleur exceptionnelles qui se sont succédé depuis juin en Europe de l'Ouest.
La presqu'île française du Cap-Ferret, près de Bordeaux, fait l'objet d'un ordre d'évacuation totale, par la route mais aussi avec une noria de bateaux traversant le bassin d'Arcachon pour évacuer les estivants.
- "Situation dramatique" -
Dans un gymnase, Maria Lalanne, une habitante de Lège-Cap-Ferret, 90 ans et sans famille, est un peu sonnée après avoir été évacuée dans la nuit. Elle a laissé derrière elle son appareil auditif et ses lunettes. "Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je ne sais pas comment est ma maison, si ma maison a brûlé..."
Pour le moment, il n'y a aucun décès à déplorer mais 53 maisons détruites, ainsi qu'un camping.
Dans le département des Landes, près de Biscarosse, 18.000 personnes ont été évacuées de la commune balnéaire et 5.000 d'un camping voisin. Une des entrées de la ville est déserte, fermée à la circulation et enveloppée dans un brouillard de fumée et une odeur étouffante de brûlé, selon une journaliste de l'AFP. Seuls circulent des camions citernes de pompiers.
La situation n'est pas moins grave de l'autre côté des Pyrénées. "Nous vivons une situation dramatique, non seulement dans différentes provinces espagnoles mais aussi dans des régions de pays voisins", a averti le Premier ministre Pedro Sánchez sur X. A ce stade, aucun décès n'a été recensé par les autorités espagnoles.
Comme plusieurs habitants évacués du village d'Aldea del Fresno, dans la région de Madrid, Ecologio Cabrera, retraité de 86 ans, reste sous le choc face aux flammes qui sévissent dans cette zone de l'ouest de la région de Madrid: "Si tu ne fuis pas devant lui (le feu) et que tu essaies de lui faire face, il te dévore".
Dans certains quartiers de Madrid, le ciel est obstrué, le soleil peine à percer et cela sent la fumée, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Quant au gigantesque incendie dans la province de Guadalajara, qui a ravagé 32.000 hectares depuis plus d'une semaine, il a baissé en intensité et l'armée s'est retirée de la zone, ont annoncé les autorités, même si le feu n'était pas encore éteint ni officiellement stabilisé.
- Mécanisme européen -
Quelques heures après la France, l'Espagne a annoncé avoir activé le "Mécanisme européen de protection civile" et demandé "quatre moyens aériens de lutte contre les incendies", indiquant que la Grèce avait "accepté la demande, offrant deux avions Canadair".
Pour la France, évoquant une situation "sous très forte tension", le président Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir obtenu le renfort de moyens aériens européens.
L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne et trois en France, a indiqué à la mi-journée la Commission européenne.
La situation est compliquée par la multiplication des foyers situés parfois à de grandes distances ou bien proches mais très actifs.
Au total, près de 130.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS). En 2025, plus de 393.000 hectares avaient été dévorés par les flammes en Espagne, selon l'EFFIS, ce qui représente le pire bilan de l'histoire récente du pays.
M.Dowling--IP