L'ex-président philippin Duterte est apte à être jugé, déclare la CPI
L'ex-président philippin Rodrigo Duterte, 81 ans, accusé de crimes contre l'humanité dans le cadre de sa campagne contre les trafiquants et les consommateurs de drogue, est apte à être jugé, a déclaré jeudi la Cour pénale internationale (CPI).
La cour "est convaincue que l'accusé est en mesure d'exercer effectivement ses droits associés à la tenue d'un procès équitable", a affirmé la juridiction, alors que la défense estime que M. Duterte, dont le procès doit s'ouvrir le 30 novembre, souffre de troubles de la mémoire.
L'ancien président philippin a comparu en septembre pour la première fois en personne devant la CPI, qui le poursuit pour des exécutions sommaires qui auraient été commises au nom de la guerre contre trafiquants et les consommateurs de drogue.
Arrêté en mars 2025, il est le premier ex-chef d'Etat asiatique à comparaître pour son procès devant cette juridiction, qui juge les responsables des crimes les plus graves dans le monde, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.
L'ancien président (2016-2022) était apparu par visioconférence à sa première comparution. Il semblait alors confus et fatigué et parlait d'une voix à peine audible. Il avait ensuite évité les différentes audiences, sa défense invoquant un état de santé défaillant.
Les avocats de Rodrigo Duterte ont affirmé qu'il souffrait de troubles importants de la mémoire qui l'empêchent de retenir des informations récentes et de retrouver de manière fiable certains de ses souvenirs.
Selon la défense, des examens ont montré que M. Duterte se croit en 2007 ou 2008, pense être âgé de 84 ou 85 ans et est incapable de se souvenir du nom du président américain actuel.
- Groupe d'experts -
La cour a rendu publique jeudi sa décision datée du 28 septembre "dans laquelle elle a décidé que Rodrigo Duterte est apte à être jugé".
"Dans cette décision, elle a également adopté les mesures nécessaires pour faciliter la participation de l'accusé à son procès", a ajouté la juridiction.
L'avocat et le porte-parole de Rodrigo Duterte n'ont pas immédiatement répondu à une sollicitation de l'AFP.
"La décision des juges repose sur les conclusions d'un groupe d'experts indépendants ainsi que sur les observations faites par les parties et les participants sur la question", a ajouté la CPI, qui siège à La Haye.
"Le groupe d'experts a conclu à l'unanimité que l'accusé est capable de comprendre les charges, la finalité et les conséquences de la procédure ainsi que le déroulement de celle-ci", a poursuivi la cour.
Lors d'audiences en février, le parquet a accusé M. Duterte d'avoir tué des milliers de personnes soupçonnées d'être des trafiquants ou des consommateurs de drogue, d'abord lorsqu'il était maire de Davao, puis lorsqu'il était président.
Rodrigo Duterte reste populaire aux Philippines, où nombreux sont ceux qui soutenaient son approche musclée de la lutte contre la criminalité.
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M.Dowling--IP