The Irish Press - Trump renonce à diffuser en direct une exécution militaire

Trump renonce à diffuser en direct une exécution militaire
Trump renonce à diffuser en direct une exécution militaire / Photo: Jim WATSON - AFP

Trump renonce à diffuser en direct une exécution militaire

Donald Trump a renoncé jeudi à diffuser en direct l'exécution par peloton militaire de l'auteur d'un attentat contre des soldats américains, un désaveu pour son ministre de la Défense, à l'origine du projet, après un tollé jusque dans les rangs républicains.

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"Il sera exécuté, comme prévu, par un peloton d'exécution, mais cet événement ne sera pas retransmis en direct", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas (sud), où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 autres, le 5 novembre 2009, un attentat inspiré par l'organisation jihadiste Al-Qaïda.

Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, avait annoncé le 7 octobre que cette exécution serait diffusée en direct.

Mais cette décision avait soulevé un tollé aux États-Unis et dans le monde, suscitant des critiques de l'Église catholique, des organisations de défense des droits de l'homme et des Nations unies.

Fait très rare, elle avait aussi été dénoncée par des élus du Parti républicain de Donald Trump, en des termes très forts.

Le vice-président JD Vance avait lui-même pris ses distances avec l'annonce de Pete Hegseth, ancien présentateur de Fox News friand de mises en scène martiales.

Donald Trump a laissé entendre dans son message qu'il n'était pas personnellement opposé au projet de diffusion en direct, affirmant que cela "aurait pu constituer un puissant moyen de dissuasion pour le monde entier, qui aurait ainsi pu constater comment les États-Unis traitent les terroristes et la racaille comme Hasan".

"Cependant, de nombreuses personnes honnêtes et bien intentionnées préféreraient ne pas le voir mourir, que ce soit en direct ou par le biais de tout autre support visuel", a ajouté le milliardaire, qui a toutefois précisé que les proches des victimes pourraient assister à l'exécution en personne s'ils le souhaitent.

- "Torture" -

Cette décision intervient après la publication jeudi par le Washington Post et ABC News d'un sondage montrant que huit Américains sur dix étaient contre la retransmission en direct de l'exécution.

Il s'agit d'un camouflet pour Pete Hegseth, qui est déjà sous le feu des critiques en raison de l'impasse dans laquelle se trouve la guerre contre l'Iran et de ses répercussions, qui pèsent sur les chances du Parti républicain lors des élections législatives de novembre.

Le Pentagone a toutefois assuré dans un communiqué que le ministre "soutenait" la décision du président.

"Ils sont tout à fait sur la même longueur d'onde", a affirmé le porte-parole du ministère de la Défense, Sean Parnell, précisant que Donald Trump et Pete Hegseth s'étaient entretenus avant l'annonce.

Des dizaines d'anciens officiers américains avaient plus tôt exhorté le Pentagone, dans une lettre ouverte, à renoncer à la diffusion en direct de l'exécution de Nidal Hasan, estimant que cela risquait d'en faire un "martyr".

Plusieurs élus démocrates américains ont salué jeudi la décision de Donald Trump, la députée Chrissy Houlahan allant jusqu'à demander le renvoi de Pete Hegseth.

"C'est la bonne décision, tant pour les proches des victimes que pour le pays", a aussi réagi le sénateur républicain John Curtis, qui avait déjà appelé le ministre à revenir sur sa décision.

Cette annonce constitue "une réponse raisonnable à la vague de protestations massives de l'opinion publique", a pour sa part estimé dans un communiqué Justin Mazzola, d'Amnesty International USA, qui a dit "saluer" le choix du président américain.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme avait jugé la semaine dernière que la diffusion de l'exécution constituerait une forme de "torture".

Nidal Hasan, psychiatre militaire et Américain musulman d'origine palestinienne, touché à la colonne vertébrale durant la fusillade en 2009, est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant.

L'immense majorité des exécutions dans le pays relève des États, les exécutions fédérales étant rares et celles relevant de la justice militaire désormais exceptionnelles.

L'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC) a recensé 135 exécutions de soldats par l'armée américaine depuis 1916. La dernière date de 1961.

E.Smith--IP