The Irish Press - Violences : les premiers couvre-feux annoncés à Paris, Lille et Nice

Violences : les premiers couvre-feux annoncés à Paris, Lille et Nice
Violences : les premiers couvre-feux annoncés à Paris, Lille et Nice / Photo: JULIEN DE ROSA - POOL/AFP

Violences : les premiers couvre-feux annoncés à Paris, Lille et Nice

Les premiers couvre-feux ont été annoncés pour la nuit de lundi à mardi, tandis que le gouvernement, sous la pression des oppositions et critiqué jusque dans son propre camp, multiplie les initiatives pour tenter de reprendre la main sur les violences qui ont marqué le week-end.

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Paris, Lille, Nice, Lyon : les annonces de couvre-feux tombent les unes après les autres en réponse aux violences qui traversent de nombreuses villes de France depuis samedi.

Dans la capitale, c'est la place de la République ainsi que le quartier des Halles, scènes de nombreux pillages ces derniers jours, qui sont concernés à partir de 23H00. Il est également interdit d'y manifester à partir de 20H00.

Dans le Nord, les couvre-feux concernent seulement les mineurs, sur des "portions" de plusieurs communes, dont Lille, tandis qu'à Nice, le maire UDR Eric Ciotti a annoncé un dispositif similaire, réservé là aussi aux mineurs.

Le "bordel" est "très localisé sur des centres urbains", avait estimé Sébastien Lecornu plus tôt lundi, expliquant en conséquence que ces couvre-feux seraient "localisés" et "partiels".

La cheffe des écologistes Marine Tondelier a jugé cette décision "lourde de conséquences" : "avant de multiplier les mesures d'exception, le gouvernement doit rendre compte des décisions opérationnelles et stratégiques prises et des moyens engagés", a-t-elle dit.

Sébastien Lecornu a écarté pour l'heure l'instauration d'un état d'urgence, mais s'est dit prêt à le faire "si c'est nécessaire". D'autres manifestations sont d'ores et déjà prévues : des gilets jaunes ont annoncé un "acte II" samedi, avant des mobilisations le 31 octobre et le 5 novembre.

"Au moins 3.000 commerces" ont été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end, a annoncé le ministre Serge Papin, poussant le gouvernement à mettre en place des mesures de chômage partiel dès mardi ainsi qu'un "fonds de soutien spécifique".

Le gouvernement a par ailleurs réuni plusieurs plateformes en ligne lundi pour exiger le retrait d'annonces de revente d'articles issus de commerces pillés. Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta, et TikTok, sont concernées.

L'exécutif prévoit également de réunir mardi matin les représentants des "principales plateformes de réseaux sociaux", dont le rôle dans les violences est pointé du doigt par certains responsables politiques.

- Réponse "pas à la hauteur" -

A six mois de la présidentielle, la crise a forcément pris un tour politique.

Pour l'opposition, le gouvernement et les forces de l'ordre ont mal anticipé les manifestations et mal réagi aux débordements.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a proposé sa démission dimanche et fait son mea-culpa le lendemain, en reconnaissant une "perte de contrôle" dans certaines villes, démission qu'Emmanuel Macron a refusée.

L'exécutif est sous le feu des critiques, jusque dans son propre camp : pour l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, "la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur de la situation. Il faut aller beaucoup plus loin pour reprendre le contrôle sans délai".

Si l'exécutif reconnaît des failles, il pointe du doigt La France insoumise, qui porterait selon lui "une responsabilité morale et politique dans les violences".

"L'ultragauche est le cancer de notre démocratie", a de son côté affirmé le président du RN Jordan Bardella en conférence de presse.

Sébastien Lecornu a accusé le "mouvement de l'ultragauche" de vouloir semer "un désordre profond" et "même remettre en cause le calendrier de l'élection présidentielle et la tenue de l'élection présidentielle", un point sur lequel une réunion avec le ministre de l'Intérieur et les services de renseignement a débuté à 18H00 lundi.

En réponse, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon a exprimé son "étonnement" et dit n'avoir "pas entendu qui que ce soit parler de cela".

- Résonance internationale -

 

La réunion avec les syndicats est programmée mercredi matin à Matignon.

A l'appel de l'Association des maires de France (AMF), des milliers d'élus et de citoyens se sont réunis à la mi-journée devant des mairies partout en France, témoignant de leur "peur", de leur solidarité et de leur désir d'"ordre".

Pour aider les collectivités à faire face aux dégâts, le gouvernement a annoncé mettre en place un fonds exceptionnel afin de financer la reconstruction des équipements publics détruits.

La crise française n'est pas passée inaperçue à l'étranger : le président américain Donald Trump a écrit que "la France brûle", estimant que le pays était "brisé" par l'immigration.

Un lien également effectué par le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, qui a estimé que les violences des derniers jours obligeaient à "regarder en face l'échec de l'assimilation d'une partie des personnes issues de l'immigration".

Lundi, Pékin a appelé ses ressortissants se trouvant en France à "renforcer leur vigilance face aux risques" et "suivre de près l'évolution de la situation locale".

L'UE, de son côté, a dénoncé les pillages et incendies tout en appelant la France à "protéger" le droit à manifester pacifiquement.

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P.Darmody--IP