Agression sexuelle: l'animateur Vincent Cerutti condamné à 8 mois de prison avec sursis
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi l'animateur Vincent Cerutti à huit mois de prison avec sursis, le déclarant "coupable" d'agression sexuelle, pour avoir mordu, à deux reprises, les fesses d'une collègue à l'époque où il présentait la matinale de la radio ChérieFM.
Cette peine, sur des faits remontant à la période 2015-2016, est supérieure aux réquisitions du ministère public qui avait requis en décembre six mois de prison avec sursis.
Aujourd'hui en retrait du monde médiatique, Vincent Cerutti, ex-présentateur de Danse avec les stars sur TF1, va faire appel de la condamnation, a annoncé à l'AFP son avocat, Me Antoine Vey.
"Le tribunal, comme parfois dans ce type de dossiers, a rendu sa décision sur le seul fondement des accusations de la plaignante", a estimé M. Vey, arguant que son client, âgé de 44 ans, n’avait "jamais agressé sexuellement quiconque". "Nous l’établirons en appel", a-t-il assuré.
"C'est une victoire, forcément. Le plus important, c'était vraiment le mot +coupable+", a déclaré à l'AFP Caroline Barel, la plaignante, après la lecture du jugement.
"Ma parole a été crue et je pense que c'est ça le plus important pour toutes les femmes qui se battent et qui portent plainte", a poursuivi celle qui est aujourd'hui vice-présidente de l'association MeTooMedia.
En revanche, le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait de condamner M. Cerutti à une amende de 10.000 euros.
Les faits remontent à 2015-2016, dans la matinale de Chérie FM, où Mme Barel, standardiste à l'époque, n'est pas la seule à avoir été mordue par Vincent Cerutti.
A la barre en décembre, elle avait évoqué une ambiance de travail "très misogyne". Très émue, elle avait raconté l'agression sexuelle subie en novembre 2015 à la radio: l'animateur la "met au sol", "les mains derrière le dos", et la mord à la "fesse gauche".
"La seule chose que j'ai, c'est mon cri", avait-elle relaté, avant l'intervention d'un collègue. Face à la photo d'un hématome présentée au dossier, le président du tribunal avait évoqué une marque "assez impressionnante".
"On est avant MeToo, je ne sais pas ce que c'est une agression sexuelle", avait-elle poursuivi.
Devant le tribunal, Vincent Cerutti, qui reconnaît cette morsure, a contesté toute violence ou "connotation sexuelle", évoquant un "jeu d'équipe" baptisé "Tout cul tendu mérite son dû".
En février 2016, selon Caroline Barel, Vincent Cerutti lui mord une seconde fois la fesse, furtivement, lors d'une photo de groupe après la matinale, ce que ce dernier conteste.
Si M. Cerutti avait déclaré avoir "honte d'avoir joué à ce jeu ridicule", il avait jugé "impossible" d'être l'auteur d'agression sexuelle, lui qui se revendique "féministe".
N.Connor--IP