The Irish Press - Commission audiovisuel public: la présidente de France Télévisions pour la dernière audition

Commission audiovisuel public: la présidente de France Télévisions pour la dernière audition
Commission audiovisuel public: la présidente de France Télévisions pour la dernière audition / Photo: Alain JOCARD - AFP/Archives

Commission audiovisuel public: la présidente de France Télévisions pour la dernière audition

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, est attendue mercredi devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, pour la dernière audition de l'instance qui s'achève après quatre mois de travaux sous haute tension.

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Après une première audition le 10 décembre, Mme Ernotte Cunci se pliera pour la seconde fois à l'exercice des questions des députés, notamment celles du rapporteur Charles Alloncle (UDR), qui a concentré les critiques pour ses méthodes qualifiées d'"inquisitoriales" mais s'est taillé un franc succès auprès des pourfendeurs de l'audiovisuel public.

Il s'agit de la dernière des 67 auditions, qui ont vu défiler 234 protagonistes, selon le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).

Mardi encore, en fin de journée, les députés ont entendu Martin Ajdari, président de l'Arcom, ainsi que Bruno Lasserre, chargé par le régulateur de l'audiovisuel d'une mission sur l'impartialité de l'audiovisuel public, dont les conclusions seront rendues fin mai.

"La plupart des pays européens connaissent cette notion", qui n'a "pas été très investie en France", a-t-il souligné.

Les travaux de la commission d'enquête ont été marqués par de nombreux incidents et ont souvent tourné au dialogue de sourds entre le rapporteur et ses interlocuteurs, qui lui reprochaient des questions biaisées ou le fait qu'il n'écoutait pas les réponses.

La commission avait été créée par le parti UDR d'Eric Ciotti dans la foulée d'une vidéo montrant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen en pleine discussion privée avec des responsables du PS, dont le contenu a nourri les accusations de partialité en faveur de la gauche. L'UDR est allié au RN, qui prône la privatisation de l'audiovisuel public.

Charles Alloncle estime que son travail a permis de découvrir "un système de gabegies largement assumé" dans les 4 milliards d'euros annuels que l'Etat distribue aux chaînes et radios publiques. Il dénonce aussi un "système de castes et de privilèges", de l'opacité et des conflits d'intérêts dans l'attribution des contrats de France Télévisions aux sociétés de production.

Des voix, à gauche comme à droite, se sont au contraire élevées pour défendre le rôle de l'audiovisuel public et critiquer une volonté de Charles Alloncle de l'affaiblir. Selon un sondage Viavoice dévoilé lundi à l'occasion des Assises du journalisme de Tours, les médias de service public sont importants pour le bon fonctionnement de la démocratie, voire indispensables, pour trois Français sur quatre.

A la suite de la dernière audition, Charles Alloncle a une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et formuler ses propositions d'évolutions, notamment législatives. Il a évoqué l'inscription d'une proposition de loi sur l'audiovisuel public à l'ordre du jour de la "niche" réservée à son groupe à l'Assemblée nationale, le 25 juin.

Les 31 parlementaires qui composent la commission voteront le 27 avril pour ou contre la publication du rapport.

T.P.MacNamara--IP