Wall Street joue la carte de la prudence
La Bourse de New York a terminé en repli jeudi, les investisseurs prenant le pari d'attendre de nouvelles avancées diplomatiques entre Américains et Iraniens avant de repartir à la hausse, au lendemain de discussions jugées "très bonnes" par Donald Trump.
Le Dow Jones a cédé 0,63%, l'indice Nasdaq a perdu 0,13% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,38%.
"Le marché est un peu fatigué après une hausse assez soutenue depuis la fin du mois de mars", résume auprès de l'AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.
En début de journée, le Nasdaq et le S&P 500 avaient même atteint de nouveaux sommets pour la troisième séance d'affilée "avant de basculer dans le rouge alors que les États-Unis attendent la réponse de l'Iran à la proposition (...) de la Maison Blanche" sur une trêve durable, souligne Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Parlant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.
L'Iran a affirmé le même jour qu'il "examinait" le plan américain tout en jugeant que Washington cherchait à forcer sa "reddition".
Les marchés s'étaient montrés très enthousiastes mercredi mais l'absence d'annonce sur une quelconque avancée a refroidi les ardeurs.
Les cours du pétrole ont d'ailleurs seulement reculé légèrement jeudi.
Et les taux obligataires sont remontés. Vers 20H20 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'État américain évoluait autour de 4,38% contre 4,35% la veille en clôture.
Des inquiétudes commencent aussi à poindre sur le marché concernant les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient.
"Les résultats des entreprises ont été solides, mais à un moment donné, si la situation dans le détroit d'Ormuz n'est pas résolue, cela finira par peser sur les bénéfices des entreprises", assure Tom Cahill.
Le fabricant d'électroménager Whirlpool a plongé de près de 12% après avoir fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires lors du premier trimestre.
L'entreprise a imputé le repli de la demande américaine aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient.
"À mesure que les consommateurs continuent de ressentir les effets de la hausse des prix, ils vont devoir faire des choix concernant d'autres produits qui refléteront leurs difficultés", ce qui viendra percuter les résultats de nombreuses entreprises, prévient M. Cahill.
Parmi les autres mouvements d'ampleur du jour, les salles de sport Planet Fitness ont dévissé de plus de 31% après que l'entreprise a revu à la baisse ses projections pour l'année.
La chaîne de fast-food Shake Shack (-28,26% à 69,24 dollars) a aussi connu une très mauvaise séance. Le chiffre d'affaires du début d'année est ressorti en deçà des attentes et le bénéfice net par action était égal à zéro, là où les analystes tablaient sur 12 cents.
Côté indicateurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont ressorties légèrement en deçà des attentes, à 200.000.
Les investisseurs seront attentifs à la publication vendredi d'un rapport officiel sur l'emploi américain pour le mois d'avril.
N.Behan--IP