La "technoférence": un parent sur deux distrait par son téléphone face à son jeune enfant
Répondre à un message, faire ses courses en ligne ou traîner sur un réseau social alors qu'on joue aux cartes avec son enfant: c'est ce qui arrive à un parent sur deux, victime de "technoférence", selon une étude publiée lundi par Bayard Jeunesse.
Si la majorité des parents se disent préoccupés par les effets des écrans sur leurs jeunes enfants, ils sous-estiment en revanche les risques liés à la technoférence, selon cette enquête réalisée auprès de 980 parents d'enfants, en partenariat avec l'Observatoire santé Pro Btp.
Ce terme désigne le "phénomène par lequel les parents, en consultant leur téléphone ou en regardant la télévision en présence de leur enfant, réduisent leur disponibilité cognitive et émotionnelle et appauvrissent la qualité des échanges", souligne l'étude réalisée entre octobre 2024 et janvier 2026.
Elle montre ainsi que 55 % des parents d'enfants de moins de cinq ans présentent un niveau élevé de technoférence.
"J'aimerais être bien présente avec mes enfants", confesse Laura Sims, 41 ans, "et je ressens beaucoup de culpabilité à avoir mon téléphone avec moi, mais c'est presque impossible de s'en passer: on attend un appel, on doit répondre à un message... et même pour prendre une photo des enfants on en a besoin", se désole cette Américaine mère de quatre enfants, habitante de Saint-Avertin (Indre-et-Loire).
Ce phénomène, "encore méconnu de la parentalité", s'avère pourtant "préjudiciable" chez les jeunes enfants.
"La petite enfance est la période où la qualité des interactions parent-enfant compte le plus pour le développement, et c'est aussi celle où la technoférence est la plus intense", explique Marie Danet, enseignante-chercheuse en psychologie du développement à l’Université de Lille et co-auteure de l’étude.
Selon l'enquête, les parents ne sont pas suffisamment informés de l'impact de leur comportement numérique.
Les chercheurs estiment que la réduction de la technoférence devrait constituer une priorité des politiques de prévention, au même titre que la limitation du temps d’écran chez les enfants.
T.Behan--IP