The Irish Press - Plus de colis, moins de courriers: la Poste dévoile son plan de croissance sur cinq ans

Plus de colis, moins de courriers: la Poste dévoile son plan de croissance sur cinq ans
Plus de colis, moins de courriers: la Poste dévoile son plan de croissance sur cinq ans / Photo: Jean-Christophe Verhaegen - AFP/Archives

Plus de colis, moins de courriers: la Poste dévoile son plan de croissance sur cinq ans

Plus de colis et d'assurances, moins de courriers voire de bureaux: La Poste a dévoilé mercredi son plan stratégique à horizon 2031, à l'heure où des députés appellent à une nouvelle loi postale pour garantir la pérennité du groupe public.

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Après des années de transformation pour répondre à l'effondrement des lettres traditionnelles, La Poste entend "franchir une nouvelle étape" en misant sur ses points forts pour atteindre 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2031.

"On a en sous le pied", a assuré à une poignée de journalistes la PDG Marie-Ange Debon, en dévoilant le plan "Réussir ensemble - Ambitions 2031" présenté la veille au conseil d'administration.

Détenue à 66% par la Caisse des Dépôts et à 34% par l'Etat, La Poste a réalisé un chiffre d'affaires de 34 milliards d'euros en 2025 (dont l'activité colis a représenté 54% contre 15% pour le courrier), dans la lignée des deux années précédentes, a rappelé Mme Debon, PDG depuis fin 2025.

Pour atteindre cet objectif de 18% de croissance en cinq ans, le groupe public entend "conforter sa position de leader du colis et de la logistique souveraine en France et en Europe, en devenant le numéro 2 européen de la livraison hors domicile" (dans des consignes ou chez des commerçants partenaires), selon un communiqué.

La Poste, actuellement troisième sur ce secteur, derrière le polonais InPost et l'allemand DHL, entend notamment passer de 150.000 points de retrait (casiers et commerçants) à 190.000, et de 2,7 milliards à 3,6 milliards de colis livrés dans le monde.

Elle souhaite aussi renforcer son modèle de "bancassurance" (22% de son chiffre d'affaires) en conjuguant numérique et "proximité humaine", et "en diversifiant les canaux de distribution des produits d'assurance en Europe".

Elle compte investir 10 milliards d'euros pour moderniser ses outils industriels et ses infrastructures numériques, et réduire de 24% ses émissions de CO2.

Le groupe perd chaque année "500 millions d'euros de chiffre d'affaires", selon Mme Debon, du fait de la chute des volumes de courrier, "passés de 18 milliards de plis en 2008 à 5 milliards en 2025", et qui devraient encore tomber à "3 milliards en 2031", selon le communiqué.

- "Ligne rouge" -

Selon un rapport présenté mercredi à l'Assemblée nationale, les missions de service public de La Poste (service universel postal, distribution de la presse, contribution à l'aménagement du territoire et accessibilité bancaire) "font toutes l'objet d'une sous-compensation croissante par l'État qui conduit à un déficit global de plus d'un milliard d'euros".

"A moyen terme, c'est la viabilité de l'entreprise qui pourrait être remise en cause", avertissent ses auteurs, les députés Jacques Oberti (PS) et Jean-René Cazeneuve (EPR), appelant à une "nouvelle loi postale".

Dans ce contexte, La Poste entend passer "d'une logique de présence systématique, souvent sous-utilisée, à une logique de service postal utile à la population", selon le communiqué, et "poursuivre la transformation" de son réseau de bureaux en privilégiant la mutualisation et les partenariats avec les services publics et les commerçants. Et ce même s'il s'agit d'un sujet sensible.

"Il faut redire les choses aux citoyens, aux élus", a expliqué Mme Debon. "Les bureaux de poste enregistraient deux millions de visites par jour en 2016, contre 800.000" actuellement, et les "activités bancaires au guichet ont plus baissé que le courrier", a fait valoir celle qui rediscute le contrat de présence postale territoriale de La Poste avec l'Association des maires de France.

"On a 6.500 bureaux de poste", le groupe a dû en fermer "environ 200 par an" sur les trois dernières années pour "les transformer en agences communales ou relais commerçants", a-t-elle relevé.

La dirigeante s'est montrée ouverte à certaines recommandations du rapport comme la distribution du courrier quatre jours après son dépôt contre trois actuellement.

Si les députés proposent d'inscrire dans la loi un "niveau de compensation minimum du coût réel des missions de service public" de 66%, contre 48% actuellement, pour Mme Debon "la ligne rouge est de ne pas baisser" ce niveau.

Interrogée sur la concurrence des géants de l'e-commerce, elle souligne qu'Amazon est le "premier client" du groupe, qui emploie 230.000 personnes dans le monde.

R.Hamrock--IP