Ormuz : le trafic se poursuit malgré la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran
Un petit nombre de navires a franchi dimanche le détroit d'Ormuz, malgré une nouvelle reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, déclenchée par l'attaque d'un navire dans cette voie maritime stratégique.
Seuls 14 navires, dont la moitié étaient des navires commerciaux, ont traversé le détroit dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, ce qui laisse penser que le détroit n'est pas totalement fermé, contrairement à ce qu'avait annoncé l'Iran.
Il s'agit du plus faible nombre quotidien de traversées depuis le 13 juin, peu avant qu'un protocole d'accord instaurant une trêve fragile entre les États-Unis et l'Iran ne favorise temporairement une reprise du trafic.
La moitié de ces navires battaient pavillon iranien.
Les Etats-Unis ont annoncé dimanche soir mener une nouvelle salve de frappes contre l'Iran en riposte aux attaques de navires dans le détroit, attribuées à Téhéran.
L'Iran avait annoncé plus tôt sa fermeture "jusqu'à nouvel ordre", après avoir tiré sur un navire qui empruntait selon lui une "route non autorisée".
Au moins trois navires transportant des matières premières avaient franchi le détroit lundi, selon Kpler.
Parmi les navires non iraniens, seuls deux ont traversé avec leur transpondeur activé : l'un a emprunté la route iranienne, l'autre le couloir de navigation utilisé en temps de paix, que l'Organisation maritime internationale (OMI) juge actuellement dangereux en raison du risque de mines marines.
Selon Kpler, aucun navire n'a emprunté durant le week-end la route omanaise avec son transpondeur activé.
Le couloir soutenu par les États-Unis dans la partie sud du détroit reste toutefois utilisé, selon Barun Gupta, analyste chez le cabinet de renseignement maritime Vanguard Tech.
Selon lui, certains clients de Vanguard Tech ont emprunté cette route avec le soutien des États-Unis.
"Les États-Unis sont en mesure d'apporter leur soutien aux navires, par exemple en abattant des projectiles ou en les conseillant sur le meilleur moment pour traverser", a expliqué à l'AFP M. Gupta.
"Tout navire que l'Iran considère comme lié aux États-Unis ou à Israël, ou qui transite sans coordination avec les autorités iraniennes ou en dehors des routes désignées par l'Iran, pourrait faire l'objet d’une surveillance accrue", a-t-il souligné.
Quatre navires ont été attaqués depuis le début du mois de juillet, selon l'OMI. L'Iran a par ailleurs affirmé lundi avoir tiré des "coups de semonce" contre deux navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz.
Donald Trump a annoncé lundi rétablir le blocus des ports iraniens et déclaré vouloir instaurer une taxe pour les navires souhaitant traverser le détroit.
W.Qualey--IP