Wall Street ouvre en baisse, minée par l'envolée du pétrole
La Bourse de New York évoluait en baisse mercredi, sous la pression d'un nouveau rebond des prix du pétrole, dans un marché en attente de la décision de la Réserve fédérale (Fed) sur ses taux et des résultats de Microsoft et Meta.
Vers 14H05 GMT, le Dow Jones chutait de 1,25%, l'indice Nasdaq reculait de 0,46% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,37%.
"Tous les regards sont tournés vers (...) la recrudescence des violences" au Moyen-Orient, commente auprès de l'AFP Jack Ablin, analyste de Cresset.
Après une accalmie des hostilités de plusieurs jours, l'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles iraniens, puis lancé une attaque conjointe avec l'Arabie saoudite - récemment prise pour cible par des alliés de Téhéran - contre des milices pro-iraniennes en Irak.
En conséquence, les prix de l'or noir bondissaient de plus de 7% mercredi, entraînant les taux obligataires dans leur sillage.
Le taux d'emprunt de l'État américain à échéance dix ans se tendait à plus de 4,62% contre un peu moins de 4,61% la veille en clôture.
"Les effets de la hausse conjointe des prix du pétrole et des rendements des bons du Trésor se font ainsi sentir sur le marché boursier", alors que les craintes inflationnistes refont surface, observe Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Cette nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00 locales (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la banque centrale américaine sur ses taux d'intérêt.
Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.
Une hausse des taux pourrait "permettre à la Fed de gagner en crédibilité en matière de lutte contre l'inflation et de démontrer son indépendance", note Patrick O'Hare.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump ne cesse d'exhorter la Réserve fédérale à abaisser ses taux.
L'incertitude sur les marchés est d'autant plus forte que Kevin Warsh, récemment nommé à la tête de la Fed, a décidé de ne plus communiquer à l'avance sur la direction que pourrait prendre la politique monétaire, note Thahbib Rahman, analyste chez Block Scholes.
Autre point d'attention des marchés: la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) après la clôture de Wall Street.
Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.
"La perfection en matière de résultats est désormais la norme. Et toute déception pourrait susciter une réaction particulièrement sévère" du marché, estime Jack Ablin.
D'autant que le secteur technologique est secoué depuis plusieurs mois par les inquiétudes liées aux investissements massifs nécessaires au développement de l'intelligence artificielle et par la montée en puissance d'une concurrence chinoise présente sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'IA.
A la cote, les semi-conducteurs étaient d'ailleurs encore à la peine, à l'image du mastodonte Nvidia (-1,76%), AMD (-2,89%), Broadcom (-1,18%) ou Micron (-2,71%).
Le fabricant américain de montres connectées et de systèmes de navigation par GPS Garmin s'envolait (+16,17% à 294,67 dollars), propulsé par des performances financières bien meilleures qu'escompté au deuxième trimestre et par la révision à la hausse de ses prévisions annuelles.
La société de matériel informatique Seagate (+4,98% à 780,01 dollars) profitait également de résultats au-dessus des attentes du marché.
M.Ansbro--IP