Wall Street en hausse, continue de guetter les évolutions au Moyen-Orient
La Bourse de New York évolue en petite hausse mercredi, reprenant son souffle après deux séances consécutives de repli face à la montée des hostilités au Moyen-Orient, alors que les taux obligataires restent perchés à des sommets.
Vers 14H15 GMT, le Dow Jones prenait 0,68%, l'indice Nasdaq gagnait 0,30% et l'indice élargi S&P 500 avançait de 0,40%.
Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com, note "un certain essoufflement" de la tendance baissière observée depuis le début de la semaine.
Wall Street profite d'une certaine stabilisation des prix du pétrole et des rendements obligataires.
Les Etats-Unis et l'Iran ont repris leurs échanges de frappes ces derniers jours, propulsant les prix du pétrole et accentuant encore les perspectives inflationnistes.
Face à des perspectives économiques moins rassurantes et à la crainte de voir l'inflation rogner leurs marges, les investisseurs réclament des rendements plus élevés pour détenir ces morceaux de dette souveraine.
Résultat: les taux obligataires mondiaux ont flambé à des niveaux plus vus depuis des années.
Vers 14H15 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à environ 4,79%, en léger recul par rapport à la clôture la veille. Il a atteint plus tôt dans la séance un plus haut depuis fin 2023.
Avec le conflit au Moyen-Orient, les coûts d'emprunt ont grimpé de façon quasi continue depuis fin février.
"Le marché boursier s'est montré remarquable dans sa capacité à ne pas se laisser influencer par cette hausse des taux (...) mais tôt ou tard, cela finit par se répercuter, et je pense que c'est exactement ce qui est en train de se passer", souligne Natalia Lojevsky, de CIFC Asset Management.
Les taux obligataires dictent les taux des prêts immobiliers comme ceux à la consommation. Lorsqu'ils sont plus hauts, ils freinent aussi l'activité des entreprises, qui ralentissent leurs investissements et embauchent moins.
À moins d’une bonne nouvelle concernant le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe, "les cours du pétrole resteront élevés et le marché des taux suivra celui de l'énergie", anticipe auprès de l'AFP Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management.
La situation conduit les marchés à attendre de la banque centrale américaine (Fed) qu'elle procéde à un resserrement monétaire dès septembre pour calmer la montée des prix.
Si l'institution dispose d'un double mandat lui enjoignant aussi de tendre vers le plein emploi, son patron Kevin Warsh a surtout mis en avant récemment les risques sur les prix.
"Il est difficile d'imaginer que le rapport sur l'emploi (aux Etats-Unis, ndlr) publié en fin de semaine puisse faire quoi que ce soit pour atténuer le fait que les prix élevés de l'énergie et les rendements élevés constituent clairement un frein à court terme" pour le marché boursier, estime Art Hogan.
Les investisseurs en ont eu un avant-goût mercredi avec l'enquête régulière ADP/Stanford Labs qui a mis en avant un nouveau ralentissement des embauches dans le secteur privé américain le mois dernier.
Au tableau des valeurs, le groupe informatique Dell gagnait 3,56% à 440,13 dollars, profitant de prévisions largement supérieures aux attentes pour l'année fiscale complète, notamment un bénéfice net par action de 25,5 dollars contre 18,92 dollars escompté par le consensus des analystes réalisé par LSEG.
Les résultats du deuxième trimestre ont aussi positivement surpris, notamment grâce à la bonne performance de ses serveurs dédiés à l'intelligence artificielle.
H.Graddy--IP