Royaume-Uni : des centaines de vols annulés, la piste d'une cyberattaque écartée
Les clients des compagnies aériennes au Royaume-Uni ont connu une nouvelle journée de galère mercredi, avec l'annulation de près de 400 vols, tandis que les services du contrôle aérien britanniques s'efforçaient de se remettre d'une panne technique pour laquelle la piste de la cyberattaque a été écartée.
Après la suppression de 1.746 vols mardi à la suite de cet incident, 399 autres ont été annulés mercredi, la majeure partie, tant au départ qu'à l'arrivée, à Londres-Heathrow, l'un des aéroports les plus fréquentés d'Europe, selon le cabinet d'analyse aéronautique Cirium.
Plus de 330.000 passagers ont été touchés par ces deux jours de perturbations : 155.000 ont vu leur vol supprimé et environ 180.000 ont subi des retards, a souligné l'organisation professionnelle Airlines UK.
La récupération des bagages "ressemblait à une scène apocalyptique" et aucun hôtel n'était disponible dans un rayon de deux heures de route. "C'est la pire expérience de voyage que j'aie jamais vécue", a confié le jeune marié.
- "Enquête très approfondie" -
"Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'une cyberattaque", a quant à lui déclaré le patron des National Air Traffic Services (NATS), Martin Rolfe, à BBC radio.
Il a affirmé que les NATS mèneraient une enquête "très, très approfondie" sur la cause exacte de la panne.
La compagnie nationale British Airways a dit avoir dû annuler près de 550 vols, dont 200 mercredi, en raison de cet incident, qui a touché 85.000 de ses clients.
Le chaos de cette semaine fait suite à un problème technique survenu en juillet 2025 qui a entraîné l'annulation de nombreux vols à destination et en provenance du Royaume-Uni, suscitant la colère des responsables de compagnies aériennes.
Après s'être entretenue avec M. Rolfe mercredi matin, la secrétaire d'État aux Transports, Heidi Alexander, a confié aux députés qu'elle ne pensait pas que le problème était "inévitable".
Elle a fait savoir qu'elle avait ordonné une analyse indépendante afin d'établir les raisons pour lesquelles cela s'était produit et "garantir que nos systèmes de contrôle du trafic aérien puissent amener les passagers là où ils doivent être".
La ministre apportera ses conclusions à ce propos dans les six mois.
M. Rolfe a pour sa part assuré à Sky News qu'il assumait "l'entière responsabilité" de la situation mais a refusé de dire s'il envisageait de démissionner.
Neal McMahon, le directeur des opérations de la compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair, a réclamé mardi le limogeage de celui-ci, l'accusant d'avoir "laissé tomber les voyageurs britanniques".
- "Un cauchemar absolu" -
Prise au piège, Josie Donoghue, une professionnelle de la santé, a vécu "un cauchemar absolu" à l'aéroport londonien de Gatwick : elle a dû débarquer de son avion en partance pour l'Irlande après être restée bloquée trois heures sur la piste.
"Traverser cet aéroport, c'était comme essayer de s'échapper d'Alcatraz", a-t-elle raconté à l'agence de presse britannique Press Association.
Susie Senahe, 55 ans, qui rentrait à Accra (Ghana), après avoir rendu visite à sa fille au Royaume-Uni, a vu son voyage reprogrammé pour vendredi.
Elle a déclaré mercredi à l'AFP qu'elle prévoyait de dormir dans le terminal d'Heathrow en attendant.
Une autre voyageuse, en route pour les États-Unis et souhaitant garder l'anonymat, a dit avoir dormi à l'aéroport mardi soir car les hôtels voisins affichaient complet.
Il est peu probable que les personnes concernées puissent prétendre à une indemnisation car la panne sera vraisemblablement considérée comme relevant de "circonstances exceptionnelles" au regard de la réglementation sur les droits des passagers, a fait savoir l'autorité de régulation de l'aviation civile.
Les aéroports de Manchester, Birmingham et Édimbourg ont également été touchés, principalement mardi, tandis que l'aéroport de Dublin a annoncé l'annulation de dizaines de vols.
A.Doyle--IP