The Irish Press - Un téléphérique offre une lueur d'espoir à Oulan-Bator, encombrée et polluée

Un téléphérique offre une lueur d'espoir à Oulan-Bator, encombrée et polluée
Un téléphérique offre une lueur d'espoir à Oulan-Bator, encombrée et polluée / Photo: Hector RETAMAL - AFP

Un téléphérique offre une lueur d'espoir à Oulan-Bator, encombrée et polluée

Oulan-Bator étouffe sous les embouteillages et le smog d'hiver, conséquences d'une urbanisation galopante et mal gérée. Un téléphérique devrait bientôt atténuer les maux de la capitale mongole.

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Reliant sur 4,2 km les deux rives de la rivière Tuul qui traverse la ville, il doit être achevé d'ici à la fin de l'année. Selon ses promoteurs, il ramènerait à quelques minutes un parcours qui peut prendre trois heures.

"Je crois que ça pourrait un peu améliorer les choses", dit à l'AFP Narantsetseg Aleksandr, un habitant de 68 ans rencontré dans l'un des quartiers nord tentaculaires d'Oulan-Bator.

"Pour les familles qui vivent là-haut, sur ces collines isolées, le téléphérique pourrait être très utile, parce qu'elles n'auraient plus à dépendre entièrement des bus", déclare-t-il.

Il craint toutefois que ces promesses, comme les précédentes, ne restent "surtout des paroles en l'air" dans une ville dépourvue de métro.

Il y a longtemps que les autorités font la publicité de mesures contre la pollution et la circulation, mais "dans les faits, il n'y a pas beaucoup de travail réel, ni de progrès concrets", regrette Narantsetseg Aleksandr.

Enkhbayar Myanganbayar, chauffeur de camion de 25 ans, se rappelle avoir entendu parler de la construction d'un métro depuis tout petit.

"C'était clair dès le départ que ça n'arriverait jamais."

- "Tout son sens" -

Mais le chantier du téléphérique, piloté par l'entreprise française Poma, devrait être achevé d'ici à fin 2026.

"Le coût du projet est faible et la construction est très rapide par rapport à un métro", explique Cécile Broi, cheffe de projet sur le site.

La capitale mongole s'est considérablement étendue depuis la fin de l'ère communiste. En 1990, sa population s'élevait à environ un demi-million d'habitants. Elle a franchi le cap des 1,5 million.

Le centre est niché dans la vallée de la rivière Tuul, mais les banlieues s'étalent jusque dans les montagnes environnantes.

Le projet est "l'illustration parfaite d'une situation où le transport par câble a tout son sens", estime Mme Broi.

D'ordinaire réservés aux terrains montagneux escarpés, ces systèmes servent de plus en plus à relier des quartiers isolés en ville.

Aux heures les plus chargées, il faut jusqu'à trois heures pour relier les deux stations de la ligne, dit Cécile Broi.

Mais le trajet en téléphérique ne prendra que 12 minutes, souligne-t-elle.

La construction de ce téléphérique électrique, qui pourra transporter 2.300 passagers par heure selon Poma, a débuté en mars.

- Maux de tête -

Oulan-Bator est fréquemment classée parmi les villes les plus polluées au monde lors des hivers froids, et dépasse régulièrement les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé sur la qualité de l'air. Erdenejargal Khorolsuren, mère de famille de 42 ans, ne cache pas son désespoir.

Il y a cinq ans, lorsque son fils a commencé à fréquenter une école située à l'autre bout de la ville, "il débordait d'énergie et d'enthousiasme, mais avec le temps, les longs trajets l'ont épuisé", raconte-t-elle.

"Sa motivation pour aller à l'école s'est effondrée. Il est constamment fatigué et malade, avec des maux de tête fréquents", se lamente-t-elle.

Narantsetseg Aleksandr, l'habitant de 68 ans, pointe aussi la pollution de l'air, qui affecte durement la qualité de vie.

En hiver, dans les quartiers de "gers" — les yourtes traditionnelles mongoles —, le charbon brûlé pour se chauffer rend l'air irrespirable.

"Les enfants qui vont à l'école toussent beaucoup à cause de la fumée et attrapent souvent des rhumes (...) Quand ils tombent malades, leur acheter des médicaments, ça nous coûte très cher". La fumée, ajoute-t-il, est "insupportable".

La cheffe de projet de Poma, Cécile Broi, reconnaît qu'un téléphérique ne résoudra pas à lui seul les problèmes.

Mais il permettra de "familiariser" les habitants avec ce mode de transport, espère-t-elle.

"Bien sûr, l'idée ensuite, c'est d'en construire d'autres."

L.Rearden--IP