The Irish Press - Les lycéens de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi

Les lycéens de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi
Les lycéens de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi / Photo: Arnaud RICHARD - AFP

Les lycéens de nouveau dans la rue avant un nouvel appel pour samedi

Décidés à "ne rien lâcher" et soutenus par Greta Thunberg, lycéens et étudiants sont de nouveau massivement descendus dans la rue mardi, appelant à rejoindre des manifestations contre "la vie chère", prévues samedi au premier jour des vacances, malgré une mobilisation en baisse selon le gouvernement.

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Le cortège parisien, à l'appel des principales organisations syndicales et de jeunesse, s'est élancé en début d'après-midi de la place d'Italie derrière une banderole proclamant "lyceen.nes et étudiant.e.s mobilisé.e.s pour le droit à étudier. A bas le tri social et raciste".

Brandissant des pancartes "sans éducation, pas de nation" ou "on veut un parcours sûr, par Parcoursup", la manifestation devant rallier les Invalides a débuté dans le calme, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont Jean-Luc Mélenchon acclamé.

"J'ai le bac cette année et toujours pas de prof d'anglais et physique chimie", a raconté à l'AFP Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, un autocollant "à bas parcoursup" collé dans le dos.

De nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents: "On est inquiet pour nos enfants et petits-enfants qui travaillent dans de mauvaises conditions", a expliqué Hubert Comon, retraité de la fonction publique et membre d'Attac.

Un autre cortège, moins fourni, défilait en même temps entre l'Hotel de Ville et la place de Port-Royal.

Plus tôt dans la journée, des manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11.000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille (3.800 personnes selon la police) aux cris de "La lutte, la lutte, jusqu'à la victoire".

"On est là parce qu'on a vraiment l'impression de ne pas se faire écouter par le gouvernement", a résumé à Marseille Nina, lycéenne de 17 ans.

A l'appel de cet "acte V" du mouvement parti mi-septembre d'un lycée de Créteil pour s'étendre un peu partout en France, l'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.

"Dans notre lycée, il y a des fuites d'eau, des morceaux de plafond qui tombent dans les classes, pourquoi on devrait accepter ça?" s'est interrogée Cloé, en première au lycée Charles-de-Gaulle à Caen.

Mardi matin, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg est venue apporter son appui aux manifestants devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un des épicentres du mouvement.

- "Gilets jaunes" -

De source policière, 360 actions étaient en cours mardi, avec une cinquantaine d'universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l'objet de blocage. Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy...

"On continue le blocus (du lycée), on lâche rien", a expliqué Naouel, en première au lycée de l’Harteloire, à Brest, avec "bon espoir" que le mouvement se poursuive après les vacances de la Toussaint qui débutent samedi pour deux semaines.

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré à BFMTV que "tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer", avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.

Plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, qui doivent être à nouveau reçues jeudi après-midi par les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur, ont également appelé mardi à "rejoindre le mouvement des +gilets jaunes+" samedi.

 

En milieu de journée, le ministère de l'Education a indiqué que 94,2% des lycées étaient "ouverts", avec "214 fermetures d'établissements scolaires, contre "800 mardi" 6 octobre, pic de la mobilisation.

- "sorti du chapeau" -

"Aujourd'hui il y a moins de monde qu'avant", reconnaît Camille Marchand, 19 ans, étudiante à l'IUT de Bobigny, selon qui "les gens ont peur de la police". Mais samedi, "il y aura les lycéens, les étudiants, les +gilets jaunes+ et les gens qui travaillent en semaine", assure-t-elle.

Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient "bloquées" ou "fermées" ce mardi, selon l'organisation Union étudiante - le ministère a évoqué des perturbations dans un tiers des établissements du supérieur.

M. Lecornu a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant "certaines propositions formulées" sur la plateforme de concertation lancée à l'adresse des lycéens.

Le ministre de l'Education Edouard Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Pour Rindala Younès (secrétaire académique SNES-FSU Lyon), "ces 3.000 places, c’est un peu le lapin sorti du chapeau".

Dans le cortège lyonnais, Ema, 16 ans, s'insurge aussi: "En première, année du bac de français, la remplaçante de la prof de français est une prof d'histoire-géo!".

Au total, 147 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début du mouvement, selon un bilan du ministère de l'Education, avec 20 personnes blessées lundi, dont cinq chefs d'établissement.

En Ile-de-France, la facture des dégradations occasionnées par le mouvement "s'élève désormais à 8,5 millions d'euros", selon la Région.

P.Lynch--IP