The Irish Press - Conséquences des attaques de centres de données russes, ce que l'on sait

Conséquences des attaques de centres de données russes, ce que l'on sait
Conséquences des attaques de centres de données russes, ce que l'on sait / Photo: ISSOUF SANOGO - AFP/Archives

Conséquences des attaques de centres de données russes, ce que l'on sait

Moins de désinformation en ligne grâce à des attaques contre des centre de données russes... Ce scénario avancé par des internautes, des élus ou des analystes est en réalité très difficile à étayer, montrent experts et analyses des données. Voici ce que l'on sait :

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- Qui a dit quoi sur le sujet ? -

Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait estimé qu'il y avait "moins de haine, moins de division et moins de provocations" sur les réseaux sociaux, depuis l'attaque de trois centres de données russes.

Un constat partagé par d'autres, s'appuyant sur des graphiques publiés par Cloudflare Radar, une plateforme analysant le trafic internet mondial.

Mais certains ont rétropédalé, comme l'eurodéputé tchèque Tomas Zdechovsky. Il avait lui-même lié, dans une publication massivement reprise, ce qu'il avait présenté comme une baisse du nombre des publications sur l'AfD, l'extrême droite allemande, et les attaques.

"Je n’ai jamais présenté cela comme un fait établi. J’ai mis en lumière un schéma intéressant qui doit être vérifié de manière indépendante par des analystes de données", a-t-il écrit sur X mardi.

Il a demandé à la Commission européenne d'"enquêter sur l'impact potentiel (des frappes) sur les opérations de désinformation russes dans l'UE".

L'analyste militaire polonais Jaroslaw Wolski a présenté des excuses pour une "publication contenant de la désinformation (qui) a atteint des millions de vues". Il a depuis supprimé celle-ci qui portait sur une baisse supposée de 56% de la quantité des contenus sur l'AfD, sur la base d'un graphique douteux.

- La désinformation russe à l'arrêt ? -

Les opérations d'ingérences numériques russes se poursuivent, a dit à l'AFP le collectif Antibot4Navalny qui traque les opérations d'influence en lien avec la Russie.

"Les bots (comptes automatisés liés à l'opération de désinformation) Matriochka alignés sur le Kremlin sont toujours actifs aujourd'hui", écrivait-il mardi.

Quant à Storm-1516, un autre mode opératoire russe, il est toujours actif et vient de publier de faux contenus sur le chancelier allemand Friedrich Merz et le candidat à la présidentielle française Raphaël Glucksmann, a souligné lundi soir auprès de l'AFP l'analyste Pablo Maristany de las Casas, de l'Institute for Strategic Dialogue.

"Nous n’avons rien mesuré sur les lignes d’attaques russes", a confirmé une source sécuritaire française.

"Bien que Matriochka et Storm-1516 semblent ne pas être affectés (...), nous ne pouvons exclure des perturbations touchant d'autres éléments de l'infrastructure de désinformation en ligne qui en découleraient", a toutefois précisé M. Maristany de las Casas, un spécialiste de la désinformation.

- Quelles hypothèses ? -

"De la compréhension que nous en avons, les serveurs détruits étaient (...) chargés de l’indexation de contenu, ce qui n’est pas de nature à avoir un impact sur la diffusion de contenus", a affirmé la source sécuritaire.

Selon certains experts, il y a eu une confusion entre les bots du moteur de recherche russe Yandex qui sillonnent le web pour faire fonctionner le moteur et les bots qui diffusent directement des contenus en ligne, notamment de la propagande et des infox.

Cela veut-il dire que les internautes ont conclu trop vite au recul de la désinformation sur leurs réseaux ?

Le fonctionnement opaque des algorithmes fait qu'il est extrêmement complexe de mesurer avec précision des modifications dans son fil d'actualité.

Certains "constatent une baisse d'activité des réseaux prorusses sur diverses plateformes", d'autres qu'il s'agit d'une confusion sur le terme "bots", a résumé le spécialiste du cyberespace et de la Russie Kevin Limonier, dans une publication sur LinkedIn.

"Le plus probable est que ces deux affirmations soient vraies", a-t-il ajouté, prévenant qu'il serait faux de s'"imaginer (...) qu'il suffirait de bombarder" les centres pour que la propagande prorusse cesse".

Pour autant, il est possible que "certains composants des pipelines qui constituent la plupart des bots de réseaux sociaux contemporains aient cessé de fonctionner, et non pas les bots dans leur ensemble", a-t-il encore déclaré.

Mais, au final, "les perturbations sont probablement très passagères parce que les composants en question sont très mobiles" et ne sont pas tous hébergés dans les serveurs de Yandex en permanence, a-t-il encore dit.

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