The Irish Press - Le procès d'un collégien pour le meurtre d'une surveillante s'ouvre mercredi en Haute-Marne

Le procès d'un collégien pour le meurtre d'une surveillante s'ouvre mercredi en Haute-Marne
Le procès d'un collégien pour le meurtre d'une surveillante s'ouvre mercredi en Haute-Marne / Photo: FRANCOIS NASCIMBENI - AFP/Archives

Le procès d'un collégien pour le meurtre d'une surveillante s'ouvre mercredi en Haute-Marne

Il a tué une surveillante de son collège en Haute-Marne, pour un motif apparemment futile, à l'âge de 14 ans: plus d'un an après, le procès de cet adolescent s'ouvre mercredi à Chaumont et s'annonce très scruté, bien qu'à huis clos.

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Ce meurtre avait provoqué une onde de choc dans les milieux éducatif et politique en France, s'inscrivant dans une série d'agressions au couteau dans des établissements scolaires.

Au matin du mardi 10 juin 2025 à Nogent, bourg haut-marnais habituellement paisible de 3.500 habitants, Mélanie, assistante d'éducation de 31 ans, est frappée à sept reprises avec un long couteau de cuisine à l'entrée du collège Françoise-Dolto. Elle décède sur place de ses blessures.

Les faits se déroulent devant de nombreux témoins, lors d'un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, précisément destiné à détecter d'éventuelles armes blanches.

Quentin G., élève de troisième dans l'établissement, est aussitôt maîtrisé par un gendarme, non sans blesser ce dernier à la main au moment de son interpellation.

- "N'importe laquelle" -

Ses déclarations en garde à vue sont troublantes. Il a dit aux enquêteurs qu'il n'avait pas de "grief particulier" envers Mélanie, mais qu'il voulait s'en prendre à une surveillante, "n'importe laquelle".

Il ne supportait plus "le comportement des surveillantes en général" dans son établissement, qui auraient eu, selon lui, "une attitude différente selon les élèves", avait rapporté le procureur de Chaumont, Denis Devallois.

Sans antécédents judiciaires et issu d'une famille "insérée professionnellement", l'adolescent aurait mûri son projet quelques jours avant les faits, après qu'une autre surveillante l'aurait "sermonné" alors qu'il embrassait sa petite amie au sein du collège.

Toujours selon M. Devallois, Quentin G. ne présentait en garde à vue "aucun signe évoquant un possible trouble mental", n'exprimait aucun regret ni "aucune compassion pour les victimes", et faisait preuve d'une "certaine fascination pour la violence et la mort".

Il "apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d'importance particulière", avait encore estimé à l'époque M. Devallois.

Son avocat, Me Antoine Chateau, avait alors tenu à se dissocier de certaines affirmations du procureur, soulignant la nécessité de mener des expertises psychologiques et psychiatriques.

- Trop jeune pour les assises -

Me Chateau n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès, qui se tient jusqu'à vendredi devant le tribunal pour enfants de Chaumont: étant âgé de moins de 16 ans, Quentin G. ne pouvait pas comparaître devant la cour d'assises des mineurs.

Egalement du fait de son jeune âge, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d'une peine de prison à perpétuité. Il a été placé en détention provisoire depuis sa mise en examen.

L'avocat de la famille de la victime, Me Édouard Charlot-Jacquard, s'est aussi abstenu de tout commentaire avant le procès.

Ancienne coiffeuse reconvertie dans l'Éducation nationale, Mélanie était mère d'un petit garçon et conseillère municipale à Sarcey, commune voisine de Nogent.

Ses proches l'avaient décrite comme une femme "solaire", "douce" et "gentille". Une marche blanche en sa mémoire avait réuni 1.500 personnes à Nogent quelques jours après le drame.

"Je n'ai plus qu'un seul but dans la vie: le petit", a confié en juin au Journal de la Haute-Marne Magali, la mère de Mélanie, à propos de son petit-fils, cinq ans, qui a obtenu le statut de pupille de la Nation. Elle voudrait que Quentin G. "paie" au prix fort.

Dans la foulée de ce meurtre, Emmanuel Macron s'était engagé à interdire aux moins de 15 ans l'accès aux réseaux sociaux, porteurs selon lui "d'épidémies de violences".

Le gouvernement espère actuellement la mise en œuvre d'un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à la rentrée prochaine.

Au niveau européen aussi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a plaidé lundi pour un "accès progressif et gradué" des enfants et adolescents aux plateformes en ligne.

H.Conneely--IP