The Irish Press - Le Conseil d'État ouvre la voie à un retour de la chasse aux alouettes avec des filets dans le Sud-Ouest

Le Conseil d'État ouvre la voie à un retour de la chasse aux alouettes avec des filets dans le Sud-Ouest
Le Conseil d'État ouvre la voie à un retour de la chasse aux alouettes avec des filets dans le Sud-Ouest / Photo: Guillaume BAPTISTE - AFP/Archives

Le Conseil d'État ouvre la voie à un retour de la chasse aux alouettes avec des filets dans le Sud-Ouest

Bonne surprise pour les adeptes de la chasse traditionnelle : le Conseil d'État ouvre finalement la voie à un possible retour de la capture de l'alouette des champs par la méthode des filets, dits pantes, dans certains départements du Sud-Ouest.

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Saisie par des associations de défense de la nature, la haute juridiction administrative avait plusieurs fois désavoué dans le passé le gouvernement, lorsqu'il avait autorisé cette chasse dans les départements de Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques.

Encore en septembre 2025, le Conseil d'État avait suspendu en référé l'exécution d'un arrêté ministériel autorisant cette chasse, en s'appuyant sur la directive européenne oiseaux de 2009.

Mais la décision publiée vendredi estime désormais que "la condition de sélectivité" peut "être considérée comme satisfaite", c'est-à-dire que cette méthode traditionnelle ne conduit pas à la mort de trop nombreux oiseaux d'autres espèces.

Les requêtes des associations One Voice et Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) sont ainsi rejetées. Et la voie est dégagée pour que le gouvernement fixe de nouveaux quotas de chasse pour cet automne.

Le ministère de la Transition écologique a indiqué vendredi son intention de reprendre un arrêté autorisant la chasse en tenant compte des "remarques du Conseil d'Etat". "Les quotas seront ceux compatibles avec la définition de la directive oiseaux (inférieur à 1% de la population d'oiseaux estimée)", précise-t-il.

- "Petites quantités" -

Cet apparent revirement du Conseil d'État se fonde notamment sur des expérimentations menées en 2023 et 2024, qui ont démontré un taux de sélectivité supérieur à 99,9%, selon l'argumentation des juges.

Ils estiment encore que le nombre d'alouettes qui pouvaient être capturées pour la saison 2025-2026, soit quelque 98.700, ne contrevient pas à la condition d'un "prélèvement en petites quantités" et à la conservation de l'espèce.

"Au regard des connaissances scientifiques disponibles à la date des arrêtés attaqués, la capture de l'alouette des champs à l'aide de pantes, telle qu'elle est encadrée par ces mêmes arrêtés, doit être regardée comme constituant un mode de chasse sélectif, permettant des prélèvements en petites quantités et ne compromettant pas les efforts de conservation", indique la décision.

"Aucune des alternatives susceptibles d'être autorisées", comme la chasse au fusil, ne permettent "de répondre de manière satisfaisantes aux finalités vivrière, culturelle et récréative poursuivies en portant une moindre atteinte à la conservation de cette espèce", est-il ajouté.

- "Bonheur" -

"La LPO s'étonne de cette décision du Conseil d’État dont les arbitrages précédents ont toujours contribué à faire progresser la protection de la biodiversité", a aussitôt réagi auprès de l'AFP le président de cette association de défense de la nature, Allain Bougrain-Dubourg.

"Naturellement la LPO déposera, dans les jours à venir, un recours européen afin de ne pas laisser des pratiques d'un autre temps venir fragiliser les efforts de protection d'une espèce qui, en France, s'efface du ciel de nos territoires", a-t-il ajouté.

À l'inverse, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a salué "une étape majeure pour l'avenir des chasses traditionnelles". "Je suis heureux pour les chasseurs qui font vivre ces traditions et pour la préservation de ce patrimoine culturel !", s'est réjoui son président, Willy Schraen, cité dans un communiqué.

Thibault Varenne, président de la fédération départementale des chasseurs de la Gironde, salue auprès de l'AFP "une victoire qui nous donne du bonheur".

"D'un point de vue personnel, ce sont des magnifiques souvenirs d'enfant. J'ai des enfants en bas âge, je me dis que j'aurai la chance de leur montrer ça", affirme cet habitant du Médoc. "Quand on avait trois alouettes à la fin de la journée, on était ravis", ajoute-t-il pour souligner le faible nombre d'animaux tués.

M.Dowling--IP