The Irish Press - Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand

Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand
Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

Changement climatique : en Belgique, un tapis vert sur les canaux de Gand

Une pellicule verte recouvre les canaux de Gand, attraction touristique en Belgique : une plante aquatique, la lentille d'eau, y a proliféré de manière spectaculaire, à la faveur du manque de pluie et des températures record de l'été.

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Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a connu une succession exceptionnelle de canicules, au point de désigner l'été 2026 comme le plus chaud de son Histoire.

Associées au déficit de pluie, des températures élevées en septembre ont favorisé la prolifération des lentilles d'eau sur les rivières et canaux du plat pays.

"Normalement la plante est présente là où les eaux sont stagnantes, mais en ce moment elle se répand partout. C'est la première fois que nous la voyons se développer de manière aussi massive chez nous", déclare à l'AFP Geert Weymeis, un porte-parole des Voies navigables de Flandre.

Le phénomène concerne, selon lui, principalement la Lys, rivière qui coule depuis le nord de la France et franchit la frontière pour aller se jeter dans l'Escaut à Gand.

Il est d'autant plus visible que la Lys se sépare en plusieurs voies d'eau aménagées au cœur de la cité flamande.

Et la situation "pourrait durer encore quelques semaines" si la température ne baisse pas sensiblement, se désespère Geert Weymeis, car les lentilles d'eau privent de lumière la biodiversité du milieu aquatique.

Mais la plante qui pousse naturellement n'est pas toxique. Les visiteurs peuvent embarquer sans risque sur les bateaux qui serpentent au pied des églises et édifices historiques du centre de Gand.

- "Risque de surchauffe" -

Entre la couleur bleue du ciel et ce vert vif digne d'un green de golf, le contraste est saisissant pour les amateurs de photos, font remarquer des étudiants croisés en ville.

"C'est très spécial, on n'a jamais vu ça à Gand. C'est à la fois beau à regarder mais aussi préoccupant", dit l'un d'eux, Ramzi Salhi.

"J'ai lu que c'était lié au réchauffement climatique. Je trouve ça triste de voir le gros impact qu'il peut avoir", lâche Laura Janssens, qui étudie aussi l'architecture.

Pour les propriétaires des bateaux pour touristes, le problème est davantage d'ordre pratique.

Le refroidissement du moteur dépend de sa capacité à aspirer de l'eau pendant la navigation, explique Davide Siddi, employé du secteur.

"A cause des lentilles d'eau, l'aspiration se fait moins bien et il y a un risque de surchauffe. Depuis un mois, quelques bateaux sont déjà tombés en panne", poursuit-il.

L'été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en Belgique, avec une moyenne de 20,3 degrés en juin-juillet-août, contre 19,9 en 2018, dernier record en date, d'après l'institut royal météorologique (IRM).

Les niveaux exceptionnels des températures, conjugués à de faibles pluies et une sécheresse des sols, sont un des effets du changement climatique d'origine humaine, selon les scientifiques.

C.Keough--IP