Elections hongroises: l'ambassadeur américain auprès de l'UE conteste toute ingérence de Trump et de Vance
L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne a contesté jeudi toute ingérence de Donald Trump et de son vice-président JD Vance dans les élections en Hongrie, en dépit de leur soutien appuyé au Premier ministre nationaliste sortant Viktor Orban.
S'exprimant deux jours après le déplacement de JD Vance à Budapest aux côtés d'Orban, le diplomate américain Andrew Puzder a reconnu que l'administration Trump avait "très clairement" affiché son soutien au chef du gouvernement hongrois.
Pour autant, l'ambassadeur ne "pense pas que les actions du vice-président ou du président aient constitué une ingérence dans les élections hongroises".
Car le vice-président Vance a "pris soin de ne pas être coercitif, de ne pas proférer de menaces économiques ni d'adopter des comportements susceptibles d'être perçus comme coercitifs", a affirmé Andrew Puzder lors d'un entretien accordé à l'AFP à Bruxelles.
Les élections législatives s'annoncent très serrées dimanche en Hongrie, où Viktor Orban brigue un cinquième mandat.
Son rival conservateur et proeuropéen Peter Magyar - en tête dans les sondages - avait mis en garde, avant la visite de JD Vance, contre toute tentative des Etats-Unis de peser sur le résultat.
- "Bon allié" -
L'administration Trump a intégré à sa stratégie de sécurité nationale la promotion de forces d'extrême droite en Europe, présentant l'immigration et les valeurs dites "woke" comme une menace "civilisationnelle" pour le continent.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles Washington soutient aussi fermement Orban, Andrew Puzder a mis en avant les positions du dirigeant hongrois en faveur des "valeurs familiales" et contre l'immigration.
"Sur l'immigration, il a toujours été très cohérent : sa position est bien plus proche de celle du président", a-t-il souligné à propos d'Orban.
En définitive, a conclu Puzder, Trump "estime que le Premier ministre Orban est un bon allié".
Les relations chaleureuses d'Orban avec les Etats‑Unis - dont le chef de la diplomatie, Marco Rubio, s'est également rendu en février à Budapest pour soutenir sa campagne - contrastent fortement avec ses rapports tendus avec ses partenaires européens.
Au fil de ses seize années au pouvoir, le nationaliste hongrois s'est de plus en plus heurté à Bruxelles, qui l'accuse de museler toute contestation et de remettre en cause l'État de droit, et qui a gelé des milliards d'euros de financements européens.
Outre sa proximité avec Trump, Orban est le plus proche allié de la Russie de Vladimir Poutine au sein de l'UE. Il s'est opposé au consensus européen sur l'Ukraine, entravant l'adoption de sanctions et bloquant un prêt de 90 milliards d'euros d'aide à Kiev.
Jeudi, la Commission européenne a exigé des explications de la Hongrie après une enquête de presse affirmant que Budapest a fourni à Moscou un accès direct à des informations stratégiques de l'Union européenne ces dernières années.
T.Murray--IP