The Irish Press - Plaidoyer pour la paix au coeur de la première rencontre entre Macron et Léon XIV

Plaidoyer pour la paix au coeur de la première rencontre entre Macron et Léon XIV

Plaidoyer pour la paix au coeur de la première rencontre entre Macron et Léon XIV

Une première visite dominée par le conflit au Moyen-Orient et un plaidoyer partagé pour la paix : Emmanuel Macron a rencontré vendredi Léon XIV au Vatican, près d'un an après l'élection du pape américain qui, comme lui, s'est démarqué de la rhétorique guerrière de Donald Trump.

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Accompagné de son épouse Brigitte Macron, le président français a été reçu au palais apostolique, où il s'est entretenu en tête-à-tête avec le pape pendant une heure, une durée nettement supérieure à l'usage pour une audience papale.

Il a "relayé l’invitation à Sa Sainteté à se rendre en France", à Paris et à Lourdes, déjà adressée par l'épiscopat français, a fait savoir l'Elysée, ajoutant que le calendrier restait "à préciser". Une visite vers septembre est évoquée, sans confirmation.

"Nous portons une même conviction : face aux fractures du monde, l'action pour la paix est un devoir et une exigence. La France œuvrera toujours pour le dialogue, la justice et la fraternité entre les peuples", a déclaré Emmanuel Macron sur X à l'issue des discussions.

Dans son communiqué, le Saint-Siège a aussi relevé que les deux hommes avaient exprimé le souhait que, face aux "conflits dans le monde", "la cohabitation pacifique puisse être rétablie à travers le dialogue et la négociation".

Pour sa quatrième audience papale en deux mandats - après les trois accordées par François, mort l'an dernier -, Emmanuel Macron comptait avant tout discuter de "la résolution de la crise au Moyen-Orient", selon l'Elysée.

Le Liban, qui a connu mercredi une journée de frappes israéliennes très meurtrières malgré l'accalmie sur les autres fronts, fait l'objet d'une "attention, une sensibilité particulières du pape et du président", a-t-on ajouté côté français.

Léon XIV est allé au pays du cèdre à l'automne pour son premier déplacement à l'étranger, tandis que le chef de l'Etat français multiplie les messages pour prôner l'inclusion du front libanais dans le cessez-le-feu de deux semaines conclu mardi soir par les Etats-Unis avec l'Iran.

- Maillot de basket -

Ces derniers jours, Emmanuel Macron et Léon XIV ont haussé le ton à l'égard de Donald Trump. Après l'annonce d'une trêve, tous deux ont exhorté à traduire l'accalmie en règlement diplomatique durable.

"Dieu ne bénit aucun conflit", a répété Léon XIV vendredi pendant une audience devant des représentants de l'Eglise chaldéenne de Bagdad. "Les disciples du Christ, Prince de la Paix, ne se rangent jamais du côté de ceux qui, hier, brandissaient l’épée et, aujourd’hui, lancent des bombes".

Le chef de l'Etat français s'est aussi entretenu avec le secrétaire d'Etat du Saint-Siège, Mgr Pietro Parolin, avant une visite à la Villa Médicis, l'académie de France à Rome, puis à la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Pour ce président qui aimait multiplier les conversations avec le pape François, la rencontre avec Léon XIV, francophile et qui parle un peu français, a aussi été l'occasion de découvrir un style différent, plus sobre et moins direct, et de commencer à bâtir une nouvelle relation.

Les images de leur entretien diffusées par le Vatican suggèrent une grande retenue dans les échanges, qui se sont pour l'essentiel déroulés en anglais, y compris quand Emmanuel Macron a offert au pape natif de Chicago, passionné de sport, un maillot dédicacé de l'équipe de France de basket-ball.

Président d'une république qui a fait de la laïcité une valeur cardinale, Emmanuel Macron cultive un rapport complexe, voire intellectuel, avec la religion, sans s'afficher en catholique pratiquant. Il avait pris l'habitude de discuter des crises mondiales mais aussi de spiritualité avec le pape argentin qu'il tutoyait.

Mais leurs relations connaissaient aussi ses tensions. A plusieurs reprises, le pape défunt avait vivement critiqué l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution française ou le projet présidentiel d'instaurer en France une aide active à mourir - même si Emmanuel Macron s'est toujours gardé d'utiliser les mots euthanasie et suicide assisté. La loi sur la fin de vie devrait être définitivement adoptée prochainement.

François n'avait jamais accepté d'effectuer une vraie visite d'Etat en France et avait même refusé d'assister à la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2024, cinq ans après l'incendie dévastateur.

Hasard du calendrier, ce déplacement a aussi lieu trois jours avant le voyage historique de Léon XIV en Algérie, une première. L'Elysée n'a pas démenti la possibilité qu'Emmanuel Macron fasse passer un "message" en faveur de la libération du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré depuis juin 2025 dans ce pays.

H.Conneely--IP