The Irish Press - Canicule: urgences et hôpitaux sous tension, alors que la fin du phénomène extême se profile

Canicule: urgences et hôpitaux sous tension, alors que la fin du phénomène extême se profile
Canicule: urgences et hôpitaux sous tension, alors que la fin du phénomène extême se profile / Photo: JOEL SAGET - AFP

Canicule: urgences et hôpitaux sous tension, alors que la fin du phénomène extême se profile

La canicule amorce son reflux ce week-end en France, avec la fin de la vigilance rouge attendue dimanche soir, mais après avoir épuisé les corps, elle soumet les hôpitaux à une pression extrême et provoque de premiers signes de surmortalité.

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La vigilance rouge canicule concerne encore 37 départements du quart nord-est samedi, mais plus que 24 dimanche au petit matin.

Dès 06H00 dimanche, 22 départements dont ceux de l'Ile-de-France rétrograderont en vigilance orange, et l'alerte maximale sera levée à 22H00 pour les deux derniers départements, en Alsace.

Samedi, le seuil des 40°C a à nouveau été dépassé dans plusieurs villes de l'est et du nord-est, avec des records absolus relevés à Colmar (Haut-Rhin) avec 41°C ou à Vichy (Allier), 41,7°C.

Avec la chaleur, Météo-France prévoit "des orages très violents", avec grêle, fortes rafales de vent et pluies intenses, qui pourront toucher plusieurs régions du nord au sud-ouest du pays samedi.

Quelque 35 départements sont en vigilance orange orages, dont Paris. La ville a fermé ses parcs, jardin et le site de baignade du canal Saint-Martin en fin d'après-midi.

Dans le Lot-et-Garonne, les concerts de samedi soir du festival Garorock sont annulés et les autorités ont évacué les 20.000 festivaliers face au risque d'orages.

- Activité "exceptionnellement élevée" -

 

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous", a prévenu Matignon, relevant le délai d'apparition de certaines conséquences: "Déshydratation, décompensations, hospitalisations différées".

Principalement causé par la combustion des énergies fossiles, le changement climatique intensifie les vagues de chaleur comme celle qui étouffe une grande partie de l'Europe où, selon un calcul de l'AFP, au moins 193 millions de personnes ont connu samedi des températures supérieures à 35°C. Ces épisodes ont de lourdes implications économiques ou sanitaires.

L'AP-HP (hôpitaux publics parisiens), où le plan blanc d'urgence sanitaire a été déclenché, fait état d'une activité "exceptionnellement élevée" dans les services d'urgence parisiens et d'une hausse de 80% cette semaine des appels au Samu à Paris et dans sa petite couronne.

En Moselle aussi, les autorités ont déclenché le plan blanc pour les établissements de santé.

Au CHU de Toulouse, couloirs et patios sont transformés en "véritables fours", alerte la CGT qui décrit "des locaux à 33°C" où le personnel travaille "comme pendant la Covid avec les moyens du bord".

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez constate "une surmortalité à Paris et dans son agglomération", selon une interview au Parisien.

Les autorités ont de plus comptabilisé 74 décès par noyade depuis le 18 juin en France, "en grande partie sur des plans d'eau non autorisés, non surveillés: les fleuves, les rivières, les étangs, notamment", où beaucoup se baignent en quête de fraîcheur, a précisé Laurent Nuñez.

- La canicule "fait mourir" -

"Cet épisode exceptionnel dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée", affirme Météo-France samedi. De quoi épuiser les organismes.

"Quatre à cinq heures de sommeil alors qu'il me faut six à sept heures... On tire sur la corde", déclare Nelly Koebel, 37 ans, dans le centre de Strasbourg.

 

Il faut toutefois des mois ou plus pour déterminer la surmortalité liée à la chaleur, décrite comme "un tueur silencieux". La causalité est souvent difficile à démontrer. Selon l'agence Santé publique France, la chaleur a tué quelque 5.700 personnes en France en 2025.

Le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, s'est toutefois montré mesuré quant au bilan final de l'épisode actuel, rappelant sur France Inter que des progrès dans la prise en charge ont été fait depuis la canicule historique de 2003.

Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire, constate "depuis 24 à 48 heures, une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions".

- 1.000 appels quotidiens supplémentaires -

C'est le cas à Paris, qui ne dispose que de deux funérariums. "Depuis ce matin, ils n'ont plus de capacité d'accueil et on reporte la capacité sur la petite couronne", a affirmé à l'AFP la déléguée générale de la fédération nationale du funéraire, Elisabeth Charrier.

"Il est un peu tôt pour parler de solutions de gestion de crise avec des conditions telles que Rungis pour la canicule de 2003", a ajouté Gautier Caton.

Le risque d'incendie est accru avec les fortes chaleurs, comme dans la Loire où un incendie a parcouru une soixantaine d'hectares et mobilise 130 pompiers.

Partout, des événements ont été reportés: festival Solidays, Marche des Fiertés LGBTQIA+ à Paris, trois jours de concerts à Chambord avec notamment Orelsan et DJ Snake.

Laurent Nuñez comptabilise "336 mesures liées à la canicule" prises par les préfets en France, dont "64 arrêtés d'interdiction d'événements sportifs et 14 arrêtés pour des événements culturels".

Y.Dearmond--IP