Après deux semaines d'hostilités, Trump dit n'en avoir "pas fini du tout" avec l'Iran
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge affectant encore davantage l'économie mondiale.
Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic au départ et à destination des ports d'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde.
Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime annoncé lundi, a assuré le président américain, dont le pays s'était déja mobilisé contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires.
Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.
Si elle était maintenue, la menace houthie accentuerait la pression sur l'économie saoudienne et les marchés mondiaux, en coupant au royaume l'accès à ses ports de la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Avec le risque, selon les experts, de perturber le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, sur la route maritime vers le canal de Suez.
De l'autre côté de la péninsule arabique, l'Iran verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires.
L'armée américaine vise elle le territoire iranien, en élargissant ses frappes, qui se cantonnaient dans un premier temps à la région bordant le Golfe, Téhéran poursuivant en riposte ses frappes contre des alliés régionaux des Etats-Unis.
"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump à des journalistes à la Maison Blanche.
Conséquence: les cours du pétrole ont encore grimpé mardi, après avoir atteint la veille un plus haut depuis plus d'un mois. Le prix du baril de Brent, référence internationale, a pris 2,41% à 91,37 dollars vers 14H00 GMT.
- "Inquiétudes" -
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.
Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclat le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.
Celui-ci a été déclenchée par l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.
L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.
Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.
Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.
- "Pression psychologique" -
"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.
Le Koweït a accusé l'Iran d'avoir attaqué lundi des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, "pour le quatrième jour consécutif", et a convoqué mardi l'ambassadeur iranien pour protester contre l'attaque d'un pétrolier franchissant le détroit d'Ormuz.
"Ce que le Koweït traverse aujourd'hui est quelque chose que nous n'avons même pas connu lors de l'invasion irakienne en termes de pression psychologique et d'incertitude", confie à l'AFP Nasser al-Dhafiri, un fonctionnaire d'une quarantaine d'années.
Aucune avancée diplomatique concrète ne se profile, malgré la visite à Islamabad, médiateur du conflit, du ministre de l'Intérieur iranien Eskandar Momeini, pour des échanges avec de hauts responsables dont le Premier ministre Shehbaz Sharif, qui a "exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue", selon son bureau.
M. Trump a réaffirmé que les Iraniens voulaient "désespérément" une rencontre, mais que "tant qu'ils ne sont pas prêts à le faire de façon constructive, nous n'en voyons pas l'intérêt".
Israël n'a pas pris part aux frappes, alors que sur le front libanais, l'accalmie persiste depuis la mi-juin et que le président Joseph Aoun a été reçu par Donald Trump mardi.
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A.Murphy--IP