The Irish Press - En Zambie, le bilan économique du président "HH" à l'épreuve des urnes

En Zambie, le bilan économique du président "HH" à l'épreuve des urnes
En Zambie, le bilan économique du président "HH" à l'épreuve des urnes / Photo: GIANLUIGI GUERCIA - AFP

En Zambie, le bilan économique du président "HH" à l'épreuve des urnes

Les Zambiens votent jeudi pour élire leur président cinq ans après une transition politique en douceur. Le sortant Hakainde Hichilema, surnommé "HH", mise sur ses récents succès économiques pour l'emporter même si leurs effets se font attendre sur le coût de la vie et le chômage.

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Face à lui, Brian Mundubile -- ancien allié de l'ex-président Edgar Lungu -- paraît son principal rival après avoir uni une coalition de partis rivaux derrière sa candidature à la présidence de ce géant du cuivre historiquement proche de Pékin.

Pays enclavé d'Afrique australe, la Zambie est le deuxième producteur du continent d'"or rouge" et le huitième au monde. Un métal indispensable aux réseaux électriques, centres de données et véhicules électriques.

Malgré également un certain potentiel de ressources en cobalt, nickel et manganèse, le pays demeure en proie à une pauvreté persistance, au chômage et à la hausse des prix des denrées alimentaires. Plus de 70% de la population de 22 millions d'habitants vit avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale.

Lors d'une campagne marquée par des heurts, l'opposition a tenté de capitaliser sur le mécontentement d'une partie de la population pour tenter de séduire une majorité des 8,7 millions d'électeurs et revenir sur le devant de la scène.

Le gouvernement d'Edgar Lungu, mort en 2025, avait pourtant laissé un pays en défaut de paiement souverain, après des années d'endettement massif, quand Hakainde Hichilema, chef du Parti unifié pour le développement national (UPND) a remporté l'élection présidentielle en 2021, à sa sixième tentative.

Depuis, son gouvernement a obtenu un accord historique de restructuration de la dette, rétabli un programme du Fonds monétaire international et remis l'économie sur la voie de la croissance, s'attirant les éloges des bailleurs de fonds et investisseurs internationaux.

Mais de nombreux Zambiens estiment que ces bénéfices se font attendre pour les citoyens ordinaires. Un sentiment sur lequel l'opposition n'a pas manqué d'appuyer.

"Sur le papier, l'économie semble bien se porter, mais nous n'en ressentons pas encore l'impact", explique à l'AFP à Lusaka Semi Malama, un étudiant en médecine de 26 ans.

"Dans le monde entier, on reconnaît que nous faisons du bon travail, mais il (le président) doit le faire sentir ici chez nous", ajoute le jeune homme en costume-cravate.

- Le vote des jeunes décisif -

Jusqu'au ralliement de plusieurs partis autour de Brian Mundubile, ancien ministre de 55 ans, la réélection de "HH", 64 ans, semblait acquise.

Si 14 candidats figurent sur le bulletin de vote, les analystes prédisent un duel entre ces deux hommes.

"L'alliance de l'opposition insuffle de l'énergie à ses rassemblements et séduit les jeunes, les femmes et les électeurs ruraux", estime auprès de l'AFP Joseph Siegle, directeur de recherche au Centre africain d'études stratégiques.

Le défi de Brian Mundubile consiste à "récupérer" la base électorale du Front patriotique d'Edgar Lungu, en particulier dans le nord et l'est, d'après l'analyste politique Louw Nel.

Mais son entrée relativement tardive dans la course et son association à l'ère Lungu pourraient être un frein, selon lui.

Près de la moitié des électeurs inscrits ont entre 18 et 35 ans, ce qui pourrait faire de la jeunesse un bloc déterminant.

Ceux devenus majeurs sous le gouvernement de l'UPND sont plus susceptibles de juger le bilan du sortant au pouvoir, tandis que leurs aînés sont en mesure de comparer la performance de l'UPND à celle de l'administration Lungu, analyse Zenge Simakoloyi, chercheur à l'Institut d'études de sécurité.

"Tout dépendra si les électeurs voient la continuité comme la meilleure chance de consolider les récentes réformes économiques ou le changement comme nécessaire pour répondre aux pressions économiques immédiates", résume-t-il à l'AFP.

- Violences et pressions -

La campagne électorale a été ponctuée d'épisodes de violence et d'accusations d'intimidation. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des affrontements entre partisans rivaux et le parti de Mundubile a accusé les autorités de restreindre les activités de campagne.

Au-delà du résultat, ce scrutin mettra à l'épreuve la réputation de la Zambie d'être une démocratie parmi les plus stables d'Afrique australe, quand détracteurs d'Hichilema et organisations des droits humains l'accusent d'avoir réduit l'espace politique, ce que son gouvernement dément.

Les Zambiens éliront également leurs députés jeudi. Le nombre de circonscriptions est récemment passé de 156 à 226.

Les résultats de l'élection présidentielle doivent être annoncés le 17 août. Un deuxième tour départagera les deux premiers si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés.

P.Grannan--IP