The Irish Press - Présidentielle en Zambie: le sortant "HH" attend le verdict des urnes sur son bilan économique

Présidentielle en Zambie: le sortant "HH" attend le verdict des urnes sur son bilan économique
Présidentielle en Zambie: le sortant "HH" attend le verdict des urnes sur son bilan économique / Photo: GIANLUIGI GUERCIA - AFP

Présidentielle en Zambie: le sortant "HH" attend le verdict des urnes sur son bilan économique

Les Zambiens ont voté jeudi pour reconduire ou non leur président sortant Hakainde Hichilema, alias "HH", qui, fort du redressement économique du pays, espère pouvoir se passer d'un second tour face à un opposant se présentant en défenseur des 70% d'habitants vivant avec moins de trois euros par jour.

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Les bureaux ont commencé à fermer à 18H00 (16H00 GMT), l'horaire prévu de clôture pour ces élections - la présidentielle s'accompagnait aussi de législatives - qui s'apparentent à un test pour ce pays réputé stable d'Afrique australe, deuxième producteur de cuivre du continent.

La commission électorale prévoit d'annoncer les résultats de la présidentielle d'ici le 17 août.

Le président, arrivé au pouvoir après une transition démocratique pacifique en 2021, est accusé d'avoir restreint l'espace politique.

En glissant son bulletin dans l'urne à la mi-journée, il a défendu son bilan, tout en reconnaissant qu'il "reste encore beaucoup à faire", notamment une "accélération de la croissance pour répondre aux besoins de la société" zambienne.

 

Face à lui se dressent 13 candidats. Présenté comme le rival le plus sérieux, l'ancien ministre de M. Lungu, Brian Mundubile, à la tête d'une coalition de partis d'opposition, entend bousculer le scénario d'une victoire du sortant courue d'avance.

Visage carré, barré de lunettes rectangulaires, l'avocat de 55 ans a accusé mercredi le gouvernement d'avoir entravé sa campagne, marquée selon lui par des interférences de la police, des violences des partisans du président ou des autorisations de vols annulées, l'empêchant de tenir certains meetings.

"Le processus par lequel nous venons de passer ne peut déboucher que sur une, et une seule conclusion: l'élection ne sera ni libre, ni équitable", a affirmé M. Mundubile, président du parti NRPUP, à l'AFP.

A la veille de l'élection, la commission des droits humains de Zambie a dit "suivre de près les arrestations et détentions visant des candidats politiques, leurs sympathisants et des journalistes".

Entré en campagne en mai, Brian Mundubile a eu peu de temps pour convaincre les électeurs de voter pour un parti dont le nom est à peine connu.

- Des Zambiens "déçus" -

Âgé de 64 ans, "HH" est crédité d'avoir sorti le pays de la crise de la dette: la Zambie avait fait défaut en 2020 pendant la pandémie de Covid-19.

 

À Kabulonga, en banlieue de Lusaka, des centaines d'électeurs ont bravé la fraîcheur matinale de l'hiver austral en arrivant bien avant l'ouverture des bureaux. Écharpe noire autour du cou, Akapelwa Akapelwa, un homme d'affaires de 62 ans, a été parmi les premiers à glisser son bulletin.

"On vote pour l'avenir de notre pays, de nos enfants", explique-t-il. "L'économie s'est stabilisée, il faut se concentrer sur les moyens d'accélérer la croissance. Les bases sont posées et solides."

Mais nombre des 22 millions d'habitants se plaignent de la hausse du coût de la vie dans un pays où 70% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale. Le taux de chômage officiel avoisine les 10%.

Thermos de thé à la main dans la file d'électeurs, Mwiche Nalupumbwe, 26 ans, estime les Zambiens "déçus" et prédit une "élection très serrée": "Ces cinq dernières années n'ont pas été les plus faciles", juge cette femme travaillant dans le secteur du développement.

Les quelque 8,7 millions d'électeurs votaient également directement pour leur député dans un Parlement élargi de 156 à 226 sièges.

Traditionnellement, Hakainde Hichilema et son Parti unifié pour le développement national (UPND) dominent dans le Sud et l'Ouest. Le Nord et la Copperbelt (centre) demeurent des bastions du Front Patriotique de l'ex-président Lungu, base électorale de Brian Mundubile.

Fille du défunt président, Tasila Lungu a voté à Kabulonga où elle a appelé ses partisans à se mobiliser: "C'est une élection très importante. Même si je suis en deuil, je me devais de venir voter, alors allez voter", a-t-elle lancé.

Si le scrutin est "étonnamment compétitif", les électeurs en quête de stabilité devraient rester fidèles à M. Hichilema, prédit Patience Mususa, spécialiste de la Zambie à l'Institut nordique d'Afrique, basé en Suède.

"Malgré les critiques sur la lenteur de ses progrès dans la lutte contre les dysfonctionnements de l'État et la corruption, et les inquiétudes concernant sa priorité donnée aux intérêts privés, il est considéré comme un dirigeant plus prévisible", ajoute l'analyste.

Un second tour est prévu si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés.

M.McClendon--IP