Grands électeurs, scrutin majoritaire ou proportionnel... Le mode d'emploi des élections sénatoriales
Mode de scrutin complexe, hémicycle partiellement renouvelé, collège atypique de "grands électeurs"... Voilà ce qu'il faut savoir sur les élections sénatoriales, prévues le dimanche 27 septembre dans la moitié des départements français.
. 178 sièges à pourvoir
La chambre haute est renouvelée environ de moitié tous les trois ans : 178 sièges sont à pourvoir cette fois-ci sur les 348 que compte l'hémicycle, pour un mandat de six ans.
Cette élection se déroule à l'échelon départemental, avec 58 départements métropolitains concernés, de l'Ain (01) à l'Indre (36) et du Bas-Rin (67) au Territoire de Belfort (90).
La quasi-totalité de la couronne méditerranéenne est donc appelée aux urnes, tout comme les deux départements de Corse, la Guyane ainsi que quatre collectivités d'outre-mer. Six élus des Français de l'étranger - une circonscription unique - sont aussi renouvelables.
L'Île-de France et Paris ne rééliront en revanche leurs sénateurs qu'en 2029, tout comme le Nord et le Pas-de-Calais, par exemple.
. Des "grands électeurs" dans les mairies
Surnommé "chambre des territoires", le Sénat représente les collectivités territoriales. Les sénateurs sont donc élus par un collège électoral d'élus locaux.
Ils seront plus de 93.000 grands électeurs appelés aux urnes le 27 septembre, parmi lesquels 95% sont des conseillers municipaux ou des délégués désignés par ces derniers.
Le poids des communes - en particulier les petites et moyennes - est donc massif dans ce scrutin. Le résultat des sénatoriales découle donc quasiment mécaniquement des résultats des dernières élections municipales.
Les députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux font aussi partie du collège électoral. Le vote est obligatoire pour ces grands électeurs, sous peine de 100 euros d'amende.
Pour les candidats, qui doivent être âgés d'au moins 24 ans, la campagne se déroule donc discrètement et localement, en tête-à-tête avec le maire ou en petit comité avec les élus municipaux.
. Deux modes de scrutin
Deux modes de scrutin cohabitent.
Dans les circonscriptions les moins peuplées, où sont élus un ou deux sénateurs - Saint-Barthélemy ou le Tarn par exemple -, l'élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours (un tour le matin, l'autre l'après-midi), avec des retraits possibles entre les deux tours.
Dans les autres départements, comme les Bouches-du-Rhône (8 sénateurs renouvelés), elle a lieu au scrutin proportionnel de liste à un tour, suivant la règle dite de la "plus forte moyenne", une méthode de calcul complexe pour attribuer les derniers sièges.
A titre d'exemple, en Gironde en 2020, 356 voix avaient suffi à une candidate LR pour rafler le dernier des 6 sièges mis en jeu dans ce département, sur environ 3.400 votants. La liste socialiste, arrivée en tête avec 1.026 voix, n'avait obtenu que 2 sièges, autant que la liste centriste qui totalisait pourtant 200 voix de moins.
Les bureaux de vote, souvent situés en préfecture, fermeront à 17h30 en métropole.
. Clivage droite-gauche prégnant
L'hémicycle du Sénat ne ressemble pas du tout à celui de l'Assemblée nationale, où les dynamiques partisanes nationales sont beaucoup plus marquées.
Le clivage droite-gauche reste très important à la Haute assemblée et les grands bouleversements sont rares, avec une domination large des Républicains (131 sénateurs) aux côtés de leurs alliés de l'Union centriste (59 membres).
Les socialistes y sont la deuxième force politique, avec 64 élus. La France insoumise n'en compte aucun, et le Rassemblement national seulement trois, même s'il espère atteindre fin septembre la barre de 10 sénateurs, nécessaire à la constitution d'un groupe politique.
Le président du Sénat Gérard Larcher (LR), qui cumule déjà 15 ans à son poste, devrait être reconduit pour trois ans le 1er octobre, sauf immense surprise.
D.Lynch--IP