The Irish Press - Après un samedi plus calme qu'attendu, les autorités prudentes sur les suites de la colère sociale

Après un samedi plus calme qu'attendu, les autorités prudentes sur les suites de la colère sociale
Après un samedi plus calme qu'attendu, les autorités prudentes sur les suites de la colère sociale / Photo: Dimitar DILKOFF - AFP

Après un samedi plus calme qu'attendu, les autorités prudentes sur les suites de la colère sociale

La journée de mobilisation sociale tant redoutée samedi s'est déroulée sans incident majeur, malgré des heurts et quelques pillages en fin de cortège dans plusieurs villes, mais les autorités restent sur le qui-vive, des appels à manifester ayant été lancés pour samedi prochain et le 5 novembre

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"On était davantage préparés... une fois qu'on a pris la foudre, on essaie de ne plus se faire surprendre", résume un policier, spécialiste du maintien de l'ordre à Paris, où entre 110.000 et 250.000 personnes ont manifesté selon les sources.

Mais, prévient-il, "il ne faut pas que le mouvement s'étende encore". "On est en capacité quasi maximale, on ne pourra pas être partout et suffisamment forts".

Au total, samedi les cortèges pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics ont rassemblé entre 410.000 et 800.000 personnes.

Alors que des violences, dégradations et pillages ont émaillé les manifestations du 17 octobre, qui avaient réuni entre 550.000 et 800.000 participants, la situation est restée globalement calme.

"Les cortèges se sont bien passés", s'est d'ailleurs félicité dès samedi soir le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, sous le feu des critiques pour sa gestion du maintien de l'ordre dans le cadre du mouvement lycéen, lancé mi-septembre, et surtout de la journée chaotique du 17 octobre.

"Ce qui a changé", par rapport à la semaine dernière, "c'est l'anticipation" et le "prépositionnement" des forces de sécurité intérieure, a-t-il justifié samedi soir devant la presse.

"On a augmenté aussi le volume de forces engagées", avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés pour l'ensemble du territoire, soit 20% en plus, a-t-il poursuivi, en expliquant que "des rappels sur des congés" avaient été effectués pour obtenir ces troupes supplémentaires.

Le ministre a également demandé à ses effectifs d'être "mobiles, agiles, réactifs" face aux groupes "qui essaient de commettre des exactions".En appui, de nombreux moyens collectifs de défense ont été engagés, dont les Centaure, les véhicules blindés de la gendarmerie.

- "organismes fatigués" -

Le policier parisien interrogé par l'AFP nuance: "On a eu à peine plus de moyens contrairement à ce qui a été indiqué".

Dans la capitale, le parcours, de la porte d'Italie à la porte de Vincennes, loin du centre, des commerces et des sites touristiques, "a sans doute été beaucoup plus favorable", décrypte-t-il.

"On ne les a pas laissé s'installer sur les places parisiennes pour partir ensuite en cortèges sauvages" grâce à un "maillage solide".

Et même si en fin de cortège, il y avait "2.000 mecs très très violents" - la préfecture de police avait évoqué la présence de 500 casseurs -, "les effectifs ont été costauds" et les "ont contenus", note le policier.

Selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur dimanche, 1.314 personnes ont été interpellées en France contre 2.628 le 17 octobre.

Le nombre de forces de l'ordre blessées est nettement en baisse, 53 samedi "contre 1.144 la semaine passée", tout comme les incendies sur la voie publique (75 samedi, 2.025 le 17 octobre), détaille l'Intérieur dans un communiqué.

Seuls 24 commerces ont été pillés, il y en avait eu 1.522 "touchés samedi 17", selon Beauvau.

Les interdictions de manifester prises dans de nombreuses villes, les parcours en dehors des centre-villes, les contrôles en amont, les saisies d'objets de protection (masques, lunettes, cagoules) et d'attaque (mortiers d'artifice) ainsi que les verbalisations ont permis d'éloigner le risque de dégradations et de pillages.

Une stratégie payante samedi, mais jusqu'à quand ?

"Maintenant, il faut se mettre en configuration" pour les journées de mobilisations annoncées samedi prochain et le 5 novembre, soupire le policier parisien.

"C'est dur, les organismes sont fatigués, il y a des blessés mais on sera là, ce n'est pas dans notre ADN de laisser les gens tout seuls", assure-t-il. "Pour les gilets jaunes, on a tenu des mois et des mois".

M.McClendon--IP