Rugby: le XV de France si proche de l'exploit face aux All Blacks
Dix-sept ans après son dernier succès en terre néo-zélandaise, le XV de France est venu mourir à deux points des All Blacks (34-32) samedi à Christchurch, décrochant cependant deux points de bonus très importants, en lever de rideau du nouveau Championnat des nations entre hémisphère nord et hémisphère sud.
Pour le premier match international de rugby sous le toit couvert du magnifique "Te Kaha", successeur du mythique Lancaster Park détruit après le tremblement de terre qui avait ravagé la ville en 2011, les Bleus en maillot blanc ont résisté jusqu'au bout face aux hommes en noir, dans un match animé mais brouillon.
Depuis le 13 juin 2009 et la victoire 27-22 à Dunedin, avec au talonnage un certain William Servat, désormais entraîneur des avants bleus, l'équipe de France avait enchaîné douze défaites d'affilée en Nouvelle-Zélande. Et donc une 13e désormais, à classer dans la catégorie "défaite très encourageante", à quinze mois du Mondial 2027 en Australie.
"Les All Blacks ont eu très chaud aux fesses", a insisté le sélectionneur Fabien Galthié après la rencontre.
"Dans deux-trois rucks ça a bien tapé, on les a sentis douter. On les a regardé droit dans les yeux. Ils n'étaient pas si bien que ça", a commenté de son côté le capitaine du XV de France, le demi de mêlée de l'UBB Maxime Lucu.
Mais défaite donc, même si la rencontre avait commencé magnifiquement avec Damian Penaud qui visitait l'en-but néo-zélandais dès la 2e minute, intercalé au coeur de la ligne d'attaque depuis son aile, sur une passe parfaitement dans le tempo de Jalibert.
Une belle façon pour le joueur de l'UBB, avec ce 41e essai international, de fêter sa 60e sélection après avoir été écarté de l'équipe de France durant le Tournoi. Mais la suite a été plus difficile pour lui, avec des montées défensives hasardeuses et surtout une lésion au mollet qui l'a contraint à quitter la pelouse dès la mi-temps.
Véritable combat de boxe entre deux équipes qui se sont rendu coup pour coup, le score est resté serré jusqu'au coup de sifflet final, avec deux doublés côté Black, du demi de mêlée Cam Roigard (40e et 50e) et de l'ailier Will Jordan (8e, 70e), pour ses 46e et 47e essais internationaux, à deux longueurs désormais du record néo-zélandais de Doug Howlett.
Mais quatre essais aussi du côté des Bleus, qui ont répondu à chaque fois, par le Rochelais Antoine Hastoy (47e) d'abord, après la reprise, sur un magnifique petit côté de Jalibert dans un mouchoir de poche avec Fabien Brau-Boirie puis Théo Attissogbe, puis par ce même Attissogbe (58e), décalé sur son aile par son partenaire palois Brau-Boirie.
- Brau-Boirie, la poisse -
Jeu à réaction pour les Bleus, animation plus posée du côté des Blacks: la rencontre est restée serrée en permanence, jusqu'à cette dernière réalisation de Jalibert (77e), pour offrir une balle de match à la France.
Mais après le coup d'envoi, le jeu au pied de pression de Nolann Le Garrec a été capté sans problème par les Néo-Zélandais. Et les Blacks ont parfaitement géré les dernières secondes, pour offrir une première victoire à leur nouveau sélectionneur, Dave Rennie, nommé après l'éviction de Scott Robertson en mars.
Sur l'ensemble de la rencontre, le résultat est certes logique, avec une domination plutôt côté néo-zélandais et notamment un ouvreur des Hurricanes, Ruben Love, intenable pour sa première titularisation en 10, qui a montré en permanence pourquoi Beauden Barrett et ses 145 sélections était sur le banc. Comme sur cette action de grande classe à l'origine du second essai néo-zélandais, signé par le flanker Peter Lakai (20e).
Mais les hommes de Fabien Galthié pourront longtemps ruminer ces deux actions de la 54e et de la 55e: ce ballon que Brau-Boirie ne réussit pas à aplatir dans l'enbut, sur une merveille de passe au pied de Jalibert, puis cet essai du même centre palois refusé pour un en-avant millimétrique en l'air de l'arrière Max Spring.
"On arrive avec une équipe qui n'est pas l'équipe de France", avait averti Fabien Galthié jeudi en annonçant son XV de départ, privé, entre repos forcé ou blessures, de plusieurs titulaires indiscutables comme son buteur Thomas Ramos, son TGV bordelais Louis Bielle-Biarrey ou encore son maestro toulousain Antoine Dupont.
Et cette équipe a pourtant failli l'emporter, décrochant deux points de bonus, offensif et défensif, qui pourraient être très importants pour le classement final du groupe de l'hémisphère nord, composé des équipes du Tournoi des six nations.
Les Bleus vont désormais retourner à Brisbane pour affronter les Wallabies australiens dans une semaine, avant de partir à Tokyo pour affronter les Japonais le 18 juillet.
T.Quinn--IP