Ligue des champions : Manchester City-PSG, des étoiles et un gros nuage
Manchester City et le Paris SG, deux clubs-États devenus superpuissances du foot européen, entrent en collision mercredi (21h00) à l'Etihad Stadium, avec en toile de fond les lourdes accusations de triche financière pesant sur l'empire mancunien.
Lors du tirage au sort de la phase de ligue, fin août, ce match entre le champion d'Europe 2023 et le double tenant du titre a attiré tous les regards des observateurs, impatients de voir les deux cadors en découdre.
Mais c'est finalement pour une autre raison qu'il sera au centre de l'attention, depuis que Manchester City a été reconnu coupable par une commission indépendante de la Premier League d'avoir contourné les règles financières du championnat (2009-2018) pour doper sa croissance sportive, dans la foulée de son rachat en 2008 par le Cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyane, membre de la famille royale émiratie.
Le club anglais nie en bloc et a fait appel mais il doit désormais vivre avec le poison du soupçon permanent et sous la menace d'une possible lourde sanction, pourquoi pas l'exclusion du championnat.
L'ambiance s'annonce donc particulière à l'Etihad Stadium, qui va retrouver ses joueurs pour la première fois depuis que la commission indépendante a rendu les conclusions de son enquête, fin septembre.
- Politiques intérieures différentes -
Hasard du calendrier, ce retour à la maison s'effectue face à un club auquel il a souvent été comparé : le Paris Saint-Germain, racheté en 2011 par Qatar Sports Investments (QSI) et donc soutenu par un autre pays du Golfe à coup de centaines de millions d'euros ces 15 dernières années.
City et Paris, dans le passé, ont d'ailleurs été sanctionnés d'amendes de l'UEFA pour avoir enfreint les règles européennes du fair-play financier.
Mais le club français n'a rien à craindre au niveau national "parce que la DNCG (gendarme financier du football français, NDLR) n'a pas du tout les mêmes prérogatives", explique Jean-François Brocard, chercheur au Centre de droit et d'économie du sport (CDES).
"La DNCG veut s'assurer que les propriétaires vont être capables de financer le train de vie des clubs pendant deux, trois, quatre, cinq ans, poursuit-il. (...) C'est la différence avec le message qu'envoie la Premier League aux clubs : elle veut qu'il y ait une forme de rentabilité à l'investissement."
Cette politique mise en place il y a une dizaine d'années par la Ligue de football professionnel (LFP) vise à favoriser l'émergence de gros clubs censés jouer le rôle de locomotives pour tout le football tricolore.
- City reste redoutable -
En Angleterre, "le dopage sportif est interdit pour assurer une forme de solidité du système, pour que les autres clubs ne soient pas incités à suivre un peu la dynamique et que cela les entraîne vers des situations financières compliquées", ajoute Jean-François Brocard, également maître de conférence en économie à l'Université de Limoges.
Outils diplomatiques puissants pour le Qatar et les Émirats arabes unis, le PSG et Manchester City sont donc dans des situations extrasportives bien différentes même si sur le terrain, le club mancunien est toujours excellent.
Son début de saison sous les ordres d'Enzo Maresca, successeur de Pep Guardiola, est très convaincant comme en témoigne le large succès acquis à Liverpool (3-0) dimanche, avec en acteurs majeurs Erling Haaland, Rayan Cherki et Gianluigi Donnarumma, ancien gardien parisien.
Cela ne doit pas non plus effrayer Paris qui, après un début de saison poussif, a accéléré et compte toujours sur un collectif doré pour aller décrocher une troisième étoile consécutive. Reste à ses principales vedettes offensives, Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, de se mettre complètement en route.
Une victoire dans le nord de l'Angleterre enverrait un premier message à l'Europe.
O.Quinlivan--IP