Coupe de l'America : le défi français se jette à l'eau le premier à Naples
A sept mois de la Coupe de l'America, le défi français La Roche-Posay Racing Team a gagné une première course : il est depuis ce lundi le premier des sept équipages engagés dans la plus prestigieuse compétition de voile à avoir fait naviguer son AC75 dans la baie de Naples.
Parthénope, la sirène de la mythologie grecque qui aurait donné naissance à Naples et à sa légende, a bien fait les choses : un soleil éclatant, un ciel sans le moindre nuage et une baie incandescente pour accueillir la première navigation du bateau français à la coque bleue azur.
Un heureux présage pour les Bleus dans la course au plus vieux trophée sportif du monde qu'ils n'ont jamais remportée ?
"D'un point de vue symbolique, c'est important d'être le premier ici à Naples", insiste Quentin Delapierre, le barreur du défi français. Déjà pour nous, parce que la campagne précédente (en 2024, NDLR), on était les derniers à l'eau".
Et les premiers repartis de Barcelone, avec une élimination dès la première phase avec un bilan d'une victoire en dix régates.
- Navettes spatiales -
Pour conjurer 2024 et une habitude bien française de partir en retard, il était donc important d'arriver les premiers même si le site de Bagnoli, non loin de Naples, où seront basées les sept équipages (le tenant du titre Team New Zealand, les Britanniques de GB1, les Italiens de Luna Rossa, les Suisses de Tudor Team Alinghi, les Américains d'ARC Team USA, les Australiens de Team Australia et les Français) de mai à juillet 2027, est encore en construction.
"Cette Coupe de l'América va se jouer sur la régate, beaucoup moins sur le design, parce que c'est la troisième campagne de cette règle, AC75, rappelle Quentin Delapierre. Les différences en performances vont être vraiment très réduites: ça va se jouer sur la capacité à tactiquer avec le vent, à sortir en tête du départ. Etre sur site en premier, c'est pour nous un gros avantage, puisqu'on a le temps d'analyser le plan d'eau, on va pouvoir définir beaucoup mieux la structure du vent".
"Ces AC75, ce sont de véritables navettes spatiales, des bateaux très complexes. L'équipage, les architectes et les ingénieurs vont travailler ensemble pour développer la future configuration du bateau pour les voiles et les foils", se réjouit Stéphane Kandler, le patron du défi français.
"Et normalement, statistiquement, quand on commence tôt, on a un meilleur résultat", espère-t-il.
- "Course contre-la-montre" -
Dans cette compétition qu'il définit comme "une course contre-la-montre par rapport à soi-même" sur des bateaux qui volent sur l'eau à plus de 100 km/h, le directeur sportif du défi français Philippe Presti, double vainqueur de l'épreuve avec les Américains d'Oracle, voit déjà des temps de passage intéressants pour le défi français.
Lors des dernières régates préliminaires, disputées fin septembre à bord d'AC40, sortes de modèles réduits de l'AC75, l'équipage français a terminé à la 3e place, derrière les intouchables Italiens et Néo-Zélandais.
"Cela nous a montré qu'on allait dans la bonne direction (...) Tant qu'on ne peut pas se comparer aux autres, c'est difficile de dire ce qu'on peut viser, mais ce qu'on veut faire, c'est finir mieux que la dernière fois. Et je peux déjà dire qu'on est mieux qu'à la fin de la campagne précédente", insiste-t-il.
Mais se dévoiler les premiers n'est ce pas un risque dans une compétition qui est souvent présentée comme une course à la technologie et à l'innovation ? Pas de danger, balaye Quentin Delapierre: "ce qui fait le charme de cette jauge, c'est qu'on voit des bateaux d'extérieur très simples, très épurés. Et à l'intérieur, ce sont des bateaux très, très, très complexes. Le plus gros du développement est à l'intérieur de la coque, ce que personne d'autre que nous voit, c'est là-dessus que toutes les équipes travaillent énormément".
P.Darmody--IP