Chaleur extrême: à Tokyo, le plus grand nombre d'hospitalisations en un jour depuis 2010
Tokyo a enregistré mercredi le plus grand nombre d'hospitalisations en une seule journée liées à la canicule depuis 2010, avec un décès et quatre personnes dans un état critique, ont annoncé jeudi les services d'urgence.
Quatre localités japonaises ont connu des températures torrides au-dessus de 40°C, soit un jour qualifié de "kokushobi" par l'Agence météorologique japonaise (JMA), un néologisme pouvant se traduire par "journée cruellement chaude".
Ce terme a été inventé afin d'attirer davantage l'attention du public sur les alertes liées à la chaleur, même s'il ne déclenche aucune mesure officielle à l'échelle nationale.
Au moins six autres lieux ont enregistré des températures de 39,8°C mercredi.
Les pompiers de la capitale japonaise ont indiqué que 453 personnes avaient été hospitalisées mercredi dans l'ensemble de la capitale, un record depuis le début des relevés en 2010, et que le déploiement des services d'urgence a atteint un niveau sans précédent depuis au moins 63 ans.
"Nous exhortons la population à bien s'hydrater et à utiliser la climatisation", a déclaré un porte-parole des pompiers à l'AFP jeudi.
"Il semble que le nombre de patients ait augmenté avec la température. Hier (mercredi) et avant-hier, nous avons constaté des hausses notables", a-t-il insisté.
- "Absolument éprouvant" -
Les pompiers de Tokyo ont également effectué 3.612 interventions mercredi, un chiffre record depuis le début des relevés en 1963, selon ce porte-parole.
Sur les personnes hospitalisées mercredi, l'une est décédée, quatre autres se trouvent dans un état critique et 18 dans un état grave, dans les limites administratives de Tokyo, qui compte 14 millions d'habitants.
Beaucoup de ces personnes sont "victimes de coups de chaleur car elles ne boivent pas assez d'eau", note Takashi Fukazaki, un chef d'entreprise de 67 ans interrogé par l'AFP à Tokyo.
"Je suis moi-même une personne âgée, donc je pense que nous devons faire attention à bien nous hydrater et selon les cas, à utiliser une ombrelle", ajoute-t-il.
Les visiteurs étrangers, qui parcourent le pays en nombres importants, subissent également la touffeur nippone: "avec de jeunes enfants, cela a été absolument éprouvant", souligne Nick Estes, un touriste américain de 35 ans interrogé par l'AFP dans le quartier touristique d'Asakusa.
"Nous avons organisé nos déplacements pour pouvoir passer du temps dans le métro pour nous rafraîchir, trouver de petites boutiques climatisées, faire tout ce que nous pouvons pour rester au frais", raconte-t-il.
Mercredi également, 116 personnes ont été hospitalisées dans le département d'Aichi (centre), où se trouve la métropole de Nagoya, ont indiqué les autorités locales.
- "Catastrophe" -
Des alertes aux coups de chaleur étaient en vigueur sur la quasi-totalité du pays et les services d'urgence ont indiqué mercredi qu'au moins 14 personnes étaient mortes de causes liées à la chaleur au cours de la semaine écoulée.
Près de 11.000 personnes ont eu recours à des soins médicaux d'urgence au Japon au cours de la semaine passée, selon l'Agence de gestion des incendies et des catastrophes.
Quatorze d'entre elles ont été déclarées mortes à leur arrivée, a indiqué l'agence, ajoutant que le public devait considérer cette chaleur extrême comme une "catastrophe" naturelle.
L'an dernier, le pays a connu l'été le plus chaud jamais enregistré, et la température la plus élevée a été relevée le 5 août 2025, atteignant 41,8°C à Isesaki, au nord de Tokyo.
Selon les scientifiques, le changement climatique provoqué par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême au Japon et ailleurs.
Plus encore que la chaleur elle-même, Takasahi Fukazaki se dit préoccupé par d'autres phénomènes météorologiques comme les pluies torrentielles.
"Ce sont des choses qui vous font vous demander combien de temps encore la Terre pourra tenir".
D.Ryan--IP